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Le collectif de l'Hérault
Nous
étions vingt réunis ce lundi 16 octobre, serrés, bourdonnant et discutant
vivement dans un bungalow du Campotel de Pézenas. Objet : comment commémorer
de bonne façon la résistance héraultaise au coup d’état du 2 décembre
1851 ?
Pourquoi
cette intensité dans la discussion ? sans doute parce que des voix singulières
se répondaient et se complétaient : celles d’historiens donnant le sens de
ces événements ; celles de gens travaillant sur le terrain à chercher qui
furent les insurgés de 1851, c’est-à-dire leurs origines, leurs actes et
leurs espoirs.
Étaient
là en effet ce 16 octobre : des chercheurs et historiens, des responsables
d’associations (Hauts cantons, Appel des Cent, CGT, CCAS : activités sociales
et culturelles des gaziers-électriciens, …) et aussi des groupes locaux tels
ceux de Neffiès ou Riols par exemple.
Rappelons
la raison d’agir de l’Association 1851-2001 et de son collectif héraultais
: il n’est pas indifférent aujourd’hui de prendre la mesure de ce qui
s’est joué entre 1848 et 1851 dans notre midi : la percée de la démocratie
socialiste. Le mouvement a été fort. Ici, la résistance au coup d’état
soulèvera des gens nombreux, dans le Biterrois, à Pézenas, Bédarieux et
autour, … et près de 3000 condamnés et déportés en Algérie ou Cayenne
constituent le témoignage le plus rude d’une répression qui a touché des
dizaines de milliers de petites gens. C’est que le mouvement résultait de la
rencontre de la conscience républicaine propagée par des " élites "
politiques éduquées, avec des aspirations populaires au mieux vivre et à la
dignité. La république que souhaitaient les insurgés de décembre n’est pas
celle des conservateurs, elle est espérance concrète de justice sociale et de
démocratie : Droit à la sécurité et à l’éducation, droit au travail…
De 1849 à 1851, trempée par la répression, la propagande démocrate-socialiste
a porté ces idées et aussi diffusé une conscience égalitariste et
individualiste républicaine. Ces " gens de peu ", ces "
partageux ", ces " rouges ", dont beaucoup ne parlaient pas le
français, ou le parlaient mal, ne se sont pas levés en décembre 1851 contre
la France, mais pour bâtir la France autrement. Une partie du peuple est alors
porteur de l’initiative historique.
N’y a
t il pas là des données et des réflexions profondément actuelles ?
C’est
pourquoi l’association 1851-2001 vous propose un ensemble d’engagements
possibles pour les mois à venir : -
Créer ou élargir des groupes locaux qui cherchent la mémoire, des insurgés
et des événements, et prennent des initiatives : débats, écrits, travail
avec les écoles, actions pour la rénovation des stèles de Roujan, Neffiès,
Riols et Béziers,… -
Contacts: Neffiès, Roujan, Nizas : Mme Piacère, Neffiès.
Caux :
Mme Laussel.
Riols-Prémian
: M.Sabench, Ardouane.
Mèze:
L.Jeanjean.
Hauts
cantons : J.Bonnet, Colombières.
Pézenas
: Claude Alberge.
CCAS :
21 rue du Pont de lattes, Montpellier, A.Maussières.
Appel
des Cent : Raymond Cubells, Béziers.
U.D.CGT
: Montpellier. -
Relancer communes, Conseil général et Ministère du Patrimoine pour les stèles.
-
Participer aux initiatives centrales de l’association 1851-2001 : colloque de
Manosque le 18 novembre, rencontre nationale dans une ville du midi en 2001… -
Stimuler l’engagement des communes et des citoyens dans les lieux les plus
sensibles : des gens ont dit le 16 octobre : ne rien faire sur 1851 à Capestang
ou Vendres ou Bédarieux….est inimaginable. L’appel est donc lancé : vous
tous qui vous sentez concernés, rejoignez nos efforts. -
On peut imaginer quelques initiatives clés : le 14 juillet 2001 dans beaucoup
de communes, au Fort de Brescou à Agde d’où partirent les convois de
transportés… -
Des historiens et écrivains sont prêts à aider. Le collectif vous mettra en
contact avec eux. Même démarche pour la documentation. A l’Université, où
des colloques sur 1848 se sont déjà tenus, des amis travaillent et peuvent
enrichir nos efforts.
Le
prochain collectif se tiendra vers le mois de janvier à Roujan.
« Ces
gens de peu, dont beaucoup ne parlaient pas français, ou le parlaient mal, ne
se sont pas levés en décembre 1851 contre la France, mais pour bâtir la
France autrement. Ils mettaient en œuvre une conception nouvelle de la
politique, celle où le peuple est porteur de l’initiative historique :
le peuple exprimant collectivement sa volonté de disposer de sa souveraineté,
en assumant son droit de décision et de contrôle à tous les échelons de
responsabilité citoyenne, et au premier chef à l’échelon communal.
Conception jugée par beaucoup aujourd’hui dépassée, remplacée par le seul
rapport de l’individu au politique, et par la péjoration de la donne
nationale. » René Merle, président de l’association 1851-2001.
La troisième réunion du collectif héraultais 1851-2001 s’est tenue
à Roujan ce 25 janvier avec une quarantaine de présents. Les mots de R.Merle
me paraissent indiquer les lignes de force de notre discussion : nous
voulons que soient connus, en cette
année 2001, les événements, les hommes
et femmes, les idées et les rêves, qui ont fait chez nous la forte résistance
au coup d’état du 2 décembre 1851. Parce qu’il faut nommer ceux qui
n’ont pas eu de nom. Parce qu’il faut mesurer la valeur et la portée de
leurs actes et aspirations : ils ont contribué à fonder la République ;
ils ont permis que les désirs de république sociale, égalitaire, citoyenne,
travaillent notre nation tout au long des années et encore aujourd’hui. L’Hérault,
où la résistance et la répression ont été très importantes (environ 3000 déportés
au bagne), doit connaître une année 2001 fertile pour la connaissance de ces
faits et le débat de ces idées.
Ce 25 janvier étaient présents
des amis de Neffiès, Pézenas, Caux, Roujan, Gabian, Bédarieux, Mèze, Riols,
Montpellier, Béziers, Nézignan-l’Evêque, de l’université et du CNRS, des
associations des « Amis de Pézenas », Lectures vagabondes, Appel
des Cent, CMCAS, et de l’ODAC.
Une démarche
a été précisée. C’est avant tout une démarche de terrain :
Pour
que cette démarche prenne force, il faut essayer de renforcer les collectifs
locaux déjà au travail, les aider à produire des réalisations visibles, et aussi
toucher toutes les localités. Pour cela, une lettre sera envoyée en
mars aux municipalités et associations. Le collectif souhaite que des lieux
fortement concernés en 1851 se manifestent : Béziers, Capestang,
Marsillargues…
Le
14 juillet.
A
l’approche du 2 décembre. Puis
en 2002. Dans
ce but, une rencontre est demandée à André Vézinhet, président du Conseil Général ,
pour voir comment celui-ci pourrait aider à la réussite de ces points forts
(Spectacle et colloque dans le Bitterois, stèles, publications…) Par
ailleurs, l’association nationale propose deux
perspectives : une journée colloque à Sainte-Tulle le 23 juin ;
une initiative nationale en Avignon (avec sans doute A.Benedetto) à
l’automne.
La réussite dépend de l’engagement des acteurs de terrain. C’est
donc à eux d’abord que nous nous adressons. Le collectif coordonne, propose
des conférenciers ou des spectacles, facilite les contacts. Voici
quelques correspondants : C.Alberge,
Pézenas. J.Sabench,
Riols. M.Razimbeau, Gabian. L.Jeanjean, Mèze. S.Laussel, Caux. Mme Piacère
et Y.Mazet, Neffiès. Mme Rodriguez, Nizas. R.Cubells, Béziers et Appel des
Cent. S.Rodriguez, CMCAS et Bédarieux. R.Bédrines, Roujan. JCRichard, CNRS.
J.Bonnet, Lectures vagabondes et correspondant départemental, Colombières/Orb.
A.Mausssières, CMCAS.
Quelques ajouts :
- Des idées ont été lancées : lien 1851-loi de 1901 sur le droit
d’association. Déportés et histoire de l’Algérie. Coup d’état et
politique de guerre…
-Les stèles : les subventions pour celle de Neffiès sont acquises.
Reste à agir pour Roujan, Riols, Béziers… -
L’Inspection académique sera sollicitée : que faire pour
que des choses se passent dans les établissements scolaires ? -
Idée de l’édition
par les PTT d’un timbre commémoratif. -
Les media : nous
leur demandons de consacrer des pages, des émissions, à cet effort de mémoire
et de réflexion. Nous sommes à leur disposition. FR3, RFH, Radio pays ERE (à
qui sa position géographique donne une responsabilité forte !), toutes
les radios locales, Midi Libre, L’Hérault du Jour, … -
A Montpellier, un partenariat entre associations pourrait aboutir
à la tenue d’un débat plus spectacle. -
L’ODAC joue sa partition : spectacle à Bédarieux en
juillet, aide pour les projets…
Le prochain collectif se tiendra à Mèze le 26 avril. Vous êtes tous
invités.
Pour
le collectif : J.Bonnet. |
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Association 1851 pour la mémoire des résistances républicaines |