|
Société archéologique du Gers - 13 place Saluste du Bartas BP 16 32001 Auch cedex www.societearcheologiquedugers.com
Les
acteurs[1]
de la Seconde République dans le Gers[2] par
Renée
COURTIADE La
chute de Louis-Philippe et la formation du gouvernement provisoire sont connus
à Auch dès le 25 février par une dépêche de Ledru-Rollin. Des groupes se
forment devant l’hôtel de ville commentant l’évènement ; le maire,
Duran, démissionne ; le lendemain une foule envahit la mairie, une
commission provisoire est nommée, formée de 7 membres dont Alem-Rousseau. Le
préfet étant en congé, la Commission nomme Alem-Rousseau chef de
l’administration départementale. Il convoque la Garde nationale pour le 27 et
harangue la population. Le
28 la Commission proclame la République (proclamation rédigée par
Alem-Rousseau). Les
autres villes du Gers, les chefs lieux de canton connaissent la même
effervescence. Spontanée au départ, la République va être organisée par
Alem-Rousseau en tant que préfet intérimaire (6 jours) puis par Pégot-Ogier
nommé Commissaire de la République par Jacques Joly que Ledru-Rollin avait
chargé de la Haute-Garonne et du Gers[3].
Alem-Rousseau maintien la paix et
prend des décrets : il
remplace le sous-préfet de Mirande par Ducos, agent de change et nomme
Canteloup président de la Commission municipale d’Auch. Le 29 février il
envoie une circulaire à tous les maires leur enjoignant de proclamer la République
et de réorganiser les gardes nationales dont les officiers sont élus par les
gardes eux-mêmes. Utilisant la persuasion plutôt que la force, il est écouté
et, partout en même temps, s’installent des Commissions provisoires chargées
de l’administration municipale. Jean-Baptiste
Pégot-Ogier lui succède le 6 mars. C’est un ami de Joly, un républicain
convaincu comme toute sa famille, de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) ; dès
le 25 février il est aux côtés de Jacques Joly dans la Commission départementale
et municipale qui prend en charge la Haute-Garonne. C’est donc un homme sûr
que choisit Jacques Joly pour le Gers. Le nouveau Commissaire de la République
délègue dans les arrondissements : Lamarque à Condom, Carbonneau
à Lectoure, Sahuqué à Lombez, Ducos à Mirande[4] ;
il réorganise les tribunaux et les Gardes nationales. Le
Gers est républicain dans les campagnes comme dans les villes à l’exception
de l’arrondissement de Lombez qui reste majoritairement légitimiste. Il sera
difficile d’y nommer un Sous-commissaire sûr. La
Seconde République naît dans une atmosphère de fête républicaine,
d’enthousiasme collectif et d’illusions lyriques que Charles Baudelaire décrit
ainsi : Ce moment unique dans l’histoire où les sentiments divers de
tant d’individus ne furent qu’une immense espérance. Les historiens
l’appellent la « République utopique ». Le Gers participe à
cette fièvre. C’est
aux chef-lieux que la vie politique est la plus intense dès le 26 février ;
quelques hommes, tous « républicains de la veille » y jouent un rôle
majeur se dépensant sans compter pour établir solidement la République puis
pour préparer les élections législatives. Mais naissent aussi des rivalités.
Ces
hommes, dont les pères ont joué un rôle semblable pendant la période révolutionnaire,
sont au cœur de cet article : ils
installent la République, durablement croient-ils, dans leur ville ; ils débattent
et écrivent sa Constitution quand ils sont élus Représentants du peuple. Ce
tableau ne s’étend pas à l’arrondissement de Lombez qui reste sous
l’influence du grand propriétaire terrien légitimiste, le Marquis de Panat.
Cet avant-poste du conservatisme ouvrira
la seconde partie de ce travail : le triomphe du conservatisme dans le département
au grand dam des républicains engagés. Ceux-ci
ont noms Alem-Rousseau, David et Boubée à Auch ; Belliard et Carbonneau
à Lectoure ; Gavarret et Gounon dans l’arrondissement de Condom. Il faut
y rajouter Lamarque et Duputz à Condom. L’installation
de la Seconde République dans le Gers (1848)
Les
« républicains de la veille » A Auch ALEM-ROUSSEAU
François
Il
est né le 21 décembre 1793 à Aubiet (Gers) où il décèdera le 25
janvier 1868 ( 7h30 du matin) ; il est fils de paysans aisés, Joseph Alem
et Marie (ou Marie Louise) Dompnier très croyante et pieuse. (ferme de Bentajou
pour son père et En Martinon pour sa mère, à Aubiet). François
n’a pas renié cet héritage puisqu’il accole le nom de Rousseau à son nom
et qu’il donne à son fils le prénom d’Emile. Pourtant les relations avec
son père ont dû être conflictuelles : en effet ce n’est qu’après la
mort de son père que François se marie avec Marie Louise Ardit née à Auch le
10 novembre 1803 ; lors de ce mariage tous deux reconnaissent deux enfants.
Insubordination mêlée d’admiration ? Très
jeune, il a participé aux guerres de l’Empire et a été plusieurs fois blessé
lors des campagnes de 1812-1813. Il démissionne sous la Restauration. Le
8 août 1830 il est nommé à l’unanimité adjudant major de la Garde
nationale ; mais trouvant le nouveau pouvoir trop jeune il refuse. Le
23 octobre 1831 Alem est nommé au conseil municipal d’Auch avec Boubée,
David, Soullier… Souvent chargé de questions concernant la commune, il sait
emporter l’adhésion de ses collègues. En 1833 il quitte le conseil municipal
qui soutenait la politique de Louis-Philippe. Dès
1834, il est un des chefs du parti Républicain à Auch où il fonde Le
pays (journal du Gers paraissant trois fois par semaine). Le
journal subit de nombreux procès et s’arrête au bout de huit ans. Il y écrit
de nombreux articles. Il
est respectueux vis à vis des religions. Ainsi proteste-t-il contre une pétition
hostile aux Jésuites, défend-il la liberté de l’éducation et intervient-il
avec succès pour empêcher la destruction d'une croix de mission dans la ville
d'Auch. Pour
Alem-Rousseau les grands devoirs de fraternité sont :
inviolabilité du domicile, liberté des opinions et des consciences, respect
des cultes, obéissance aux lois. Il
adhère à « l’Association démocratique des amis de la Constitution »
dès sa création au niveau national, le seul du Gers. La
Commission municipale d’Auch est divisée et démissionne mais Pégot-Ogier la
maintien et nomme Alem-Rousseau maire
provisoire en raison des services
importants rendus au département.[10] Le
20 mars 1848, Alem-Rousseau veut créer à Auch un « club général »
avec un ordre du jour et un règlement ; il dit avoir pris depuis vingt ans
comme devise : liberté pour tous . C’est un échec. Le
1er avril la liste du Comité électoral républicain est constituée :
David, Gounon, Alem-Rousseau, Dupetit, Gavarret, Subervie, Boubée, Carbonneau.
Cette liste est remise en cause par les autres comités républicains, David étant
jugé légitimiste et Alem-Rousseau trop proche de lui. Le préfet monte sa
propre liste comprenant Alem-Rousseau et ayant à sa tête Ledru-Rollin et les
Sous-commissaires entament une tournée dans les campagnes pour la faire
accepter. Le
23 avril 1848 Alem-Rousseau est le 2ème élu du Gers avec 62 647
voix après Gavarret (64 589 voix). La liste du comité central est battue, en
dehors des trois candidats communs. C’est le triomphe de l’opinion républicaine
modérée. Représentant
du peuple en 1848 A
la Constituante il siège parmi les Républicains modérés et fait partie de
plusieurs commissions importantes ; il préside celle chargée de dépouiller
les papiers trouvés en février dans les résidences royales et demande
qu’aucune pièce concernant la vie privée ne soit publiée. Il
intervient peu à la tribune disant qu’il est en mauvais état de santé.
Comme la majorité, il se rallie à Cavaignac après les évènements de juin. Dans
un article de son journal, Le pays, le 16 septembre[13],
Alem-Rousseau rend compte de ses votes et écrit qu’il a voté en
faveur du décret sur les rassemblements qui obstruaient et effrayaient Paris.
Plus tard, la liberté des réunions politiques, à des conditions rassurantes a
eu mon suffrage. A
propos du décret sur la transportation des insurgés de juin il écrit : en
la compagnie de l’évêque de Langres, de M Victor Hugo […], réunis
en comité de « fraternité » j’ai eu l’occasion de regretter
bien amèrement que le décret ait confondu les grands et les petits coupables. Il
vote contre, quatre fois, l’autorisation de poursuivre Blanc et Caussidière.
Et il conclue l’article ainsi : Que maintenant chacun me classe à sa
fantaisie ; qu’on fasse de moi un réactionnaire, un ministériel, un
montagnard ou tout simplement un républicain modéré et résolu. Il
ne se distingue donc pas de la majorité républicaine et vote comme elle lors
des débats sur divers points de la Constitution ainsi que lors du vote de
l’ensemble du texte. Clairvoyant, l’élection à Paris de Louis-Napoléon
Bonaparte en tant que représentant du peuple, l’inquiète comme peut en témoigner
cet éditorial (non signé) dans Le pays du 23 septembre[14]
: Alem-Rousseau
semble avoir une grande influence politique à Auch et être redouté par les
Commissaires de la République successifs y compris républicains. Ainsi,
Prosper Barousse, nommé Commissaire de la République après l’élection de Pégot-Ogier
à l’Assemblée constituante, à son arrivée, le 6 mai décrit la situation
à Auch et dénonce deux factions qui
n’ont aucun caractère politique [
Alem contre Canteloup] . Les deux chefs de
parti ont des prétentions démocrates, mais rien que des prétentions. Alem a
rallié à lui les légitimistes et les prêtres, Canteloup le juste milieu.[15] Barousse
veut installer à côté de ces
coteries un vrai parti démocrate. Lors
des élections législatives de 1849, les républicains se divisent en deux
listes : Alem-Rousseau est sur la liste des candidats républicains modérés ;
il n’est pas élu et se représente aux élections partielles de juin (pour
remplacer Lacave-Laplagne qui vient de mourir). Pourtant il n’a pas été
choisi par le Comité démocratique central du Gers qui, pour éviter les
dissensions locales, a choisi un candidat étranger au département mais
suffisamment connu, Jean-Baptiste Pégot-Ogier ancien préfet. David aussi se présente. Devant
les menaces de coup d’état, Alem-Roussseau opte pour un rapprochement avec
les montagnards et fonde un journal Le démocrate dont le premier numéro
paraît le 6 novembre 1851 et qui prêche l’union pour défendre la
constitution. Raynal en est le rédacteur. Mais les Montagnards et Duputz ne
veulent pas de l’union. BOUBÉE
Théodore
Né
le 9 octobre 1794, son père ne le déclare que le 25 octobre avec pour seul prénom
Lepelletier[18].
On peut supposer qu’il a abandonné ce prénom trop difficile à porter et
qu’il s’est choisi un autre prénom : Théodore. Le
père, Joseph Boubée, est pharmacien de l’hôpital militaire d’Auch et
Jacobin convaincu : sous la Révolution il a été administrateur du département
du Gers après l’écrasement des Girondins auquel il a contribué avec Lantrac[19].
Sa mère, Louise ROGER, a 37 ans en 1794. Théodore
Boubée, après des études de médecine et chimie, s’installe en tant que
pharmacien à Auch. Il est l’auteur d’un mémoire présentant un sirop
de sa fabrication : Traitement de la
goutte et des rhumatismes aigus et chroniques par le sirop anti-goutteux de Théodore
Boubée pharmacien à Auch (1832), réédité plusieurs fois. Ce qui
l’enrichit comme le constate la notice de 1855 : 15000 F de revenu en
propriétés, fortune amassée par l’exploitation du brevet d’invention
d’un sirop anti-goutte. En
patriote zélé, ardent, réfléchi, Boubée professe toute sa vie des principes
franchement démocratiques. Sous Louis-Philippe il est
en butte à des tracasseries incessantes de l’administration (fiscale
en particulier) Avec Alem-Rousseau il est un des fondateurs et des rédacteurs
du Pays. Le
23-10-1831 il est nommé au conseil municipal d’Auch avec Alem-Rousseau,
David, Soullier Représentant
du peuple en 1848 Sur
la liste des candidats républicains modérés, il n’est pas réélu en 1849
et reste proche d’Alem-Rousseau. La
notice de 1855 précise qu’il a quatre fils dont un est aspirant de marin et
deux filles, l’une mariée, l’autre religieuse, et le présente ainsi sous
la rubrique « valeur personnelle » : médiocre. M. Boubée
n’a dû le rôle politique qu’il a joué en 1848 et 1849 qu’à l’amitié
d’Alem-Rousseau avec lequel il est en communion de sentiments. Et pour la
rubrique « confiance à accorder » : caractère impérieux
et violent. M. Boubée avait manifesté longtemps avant 1848 des idées républicaines. Il
meurt le 16 novembre 1865 à Auch,
âgé de 72 ans dans sa maison place Saint-Jacques. Le
3ème républicain modéré d’Auch
est : DAVID
Irénée Frix George Honoré[21] Il
est issu d’une famille de notables[22].
Son père Jean-Frix David, a joué un rôle important pendant la période
révolutionnaire et s’est engagé dans la lutte contre les Jacobins.[23]
Brillant
élève de l’Ecole centrale d’Auch, il poursuit ses études à Paris : droit
et botanique au Muséum avec Jeoffroy Saint-Hilaire, Laurent de Jussieu, de Bosc
et Desfontaines (il est ami des deux derniers). C’est
un érudit qui touche à diverses disciplines : il écrit un Eloge de
Pascal , un essai sur la Centralisation administrative, des études
sur la réforme hypothécaire ; il collabore à la revue de législation...
Mais c’est en tant qu’arboriculteur qu’il se fait connaître. Au
début de la Restauration il revient à Auch, en tant qu’avocat, et y crée un
précieux et vaste jardin scientifique à La Hourre. Son jardin est visité
par le Chef des cultures du Jardin des Plantes de Paris, et donne lieu à un
article spécial de La revue horticole de 1861 par M. Pépin chef de
l’Ecole de botanique du Jardin des Plantes. Pour
mettre en pratique ses idées, il participe à la lutte contre le déboisement
et écrit de nombreux articles scientifiques d’arboriculture incitant les
Gersois à reboiser avec des espèces adaptées. C’est un membre très actif
de la Société d’agriculture et il collabore au Mémorial agricole du Gers.[24] En
janvier 1829, il est maire d’Auch, mais démissionne en 1830 parce que légitimiste.
Le 23 octobre 1831 il est nommé au conseil municipal d’Auch avec Boubée,
Soullier… Il travaille à un rapprochement des royalistes et des républicains.
Il échoue aux législatives de 1839 et 1842. Le
rôle politique d’Irénée David n’est pas comparable à ceux de son père
et de son fils ; il est beaucoup plus mesuré et consacre beaucoup de temps à
l’arboriculture. C’est peut-être son ami Alem-Rousseau qui l’a entraîné
dans la vie politique en le recommandant comme candidat à Lebbé en 1848 pour
la liste des républicains modérés. Elu candidat à la candidature il subit
comme chacun un interrogatoire difficile et un contrôle minutieux de son passé
de la part du Comité : il est élu le 28 avril à l’Assemblée
constituante. Représentant
du peuple en 1848 Il
participe activement aux travaux de l’assemblée avec une orientation libérale
mesurée : loi sur le timbre, opposition énergique à l’augmentation des impôts.
Ecœuré par l’invasion de l’Assemblée le 18 mai et les sanglantes journées
de juin 1848, il soutien la politique de Cavaignac. Comme
Alem-Rousseau, en 1849, il se présente en vain deux fois (en mai et lors de la
partielle). Il
reste un opposant discret à Louis-Napoléon Bonaparte. Les archives n’ont pas
conservé de notices de la police à son nom (ni d’aucun autre membre de sa
famille) ce qui peut s’expliquer de deux façons : ou il n’était pas
surveillé ou, plus vraisemblablement, elles ont disparu. [25] Le
Courrier du Gers écrit au moment de sa mort : En
politique, il préconisa l’union
de l’Ordre et de la Liberté sous la monarchie. Il défendit la liberté en péril
et l’Ordre menacé sous la République… A Lectoure[26] BELLIARD
Jean[27]
Né
le 19 juin 1800 chez son oncle Lannes au faubourg de Lectoure, il a une jumelle,
Virginie, qui meurt à l’âge de 7 ans. Leurs
parents : Jean Belliard et Jeanne (ou Jeanne-Marie) Lannes, sœur du Maréchal.
Les Belliard descendent d’une famille de propriétaires terriens aisés de
Sempesserre. Quant à la famille du Maréchal Lannes elle est bien connue[28],
ainsi que ses enfants.[29]
[30] Jean
Belliard épouse Marie-Julienne Denux ; ils vivent et meurent dans leur domaine
du Sauby à Terraube, lui le 19 mars 1891, elle le 27 avril 1887. Ils ont
plusieurs enfants dont s’occupent beaucoup les
Montebello. Cette proximité avec la famille bonapartiste influera sur
son destin. Il est Chevalier de la légion d’honneur[31]. Avocat
à Lectoure, il collabore très jeune au journal
Le National fondé à Paris par le républicain modéré Armand Carrel.
G. Palmade[32]
classe Belliard dans les riches bourgeois et dit de lui : candidat équivoque
à la Constituante. En
février 1848, il est membre de la commission exécutive de Lectoure. Sous-commissaire
de la République de Lombez
du 28 mars au 1er juin L’arrondissement
de Lombez est sous l’influence du Marquis de Panat, grand propriétaire légitimiste.
Face à lui le Préfet Joly n’installe que des Sous-commissaires maladroits au
point de provoquer des troubles : l’avocat Sahuqué (Pégot-Ogier écrit de
lui à Joly : votre choix n’est pas heureux et il est de toute
nullité et sans influence[33] )
qui démissionne dès le 11 mars. Suit un intérim du maire provisoire de
l’Isle-Jourdain, Vignola qui écrit à Pégot-Ogier le 15 mars[34] :
les affaires de l’arrondissement sont ici en souffrance, votre délégué
n’étant pas encore arrivé, l’opposition agit et moi, malgré ma bonne
volonté, je ne puis révoquer ni nommer de nouveaux maires, n’ayant pas de
pouvoir pour cela. Puis Joly nomme l’avoué
Dufaur qui destitue des maires sans concertation et l’agitation continue alors
que les élections approchent. Le
26 mars, Pégot-Ogier convainc Belliard de prendre la sous-préfecture de Lombez
et il explique son choix : Sa modération, son habileté, son absence
d’attaches avec la région sont les gages de sa réussite. Jean Belliard
est chargé de préparer les élections et cela en très peu de jours. [35] Dès
le 4 avril celui-ci écrit au Commissaire de la République : Depuis mon
arrivée à Lombez je me suis uniquement occupé des communes, de leur
personnel, de leur organisation et de leur réclamation. Je marche lentement, je
voudrais marcher sûrement. […] La plus grande partie des communes est
tranquille. Les seules qui me donnent des inquiétudes sont celles où l’on a
formé des administrations provisoires. […] M Dufaur avoue
qu’il s’est trop pressé. On l’a trompé. Ces erreurs ont causé une
grande agitation dans les esprits : heureusement que j’ai encore vingt et un
jours avant les élections. […] La grande influence d’opposition était
l’influence légitimiste ; il y avait quelques radicaux, le reste était
machinalement ministériel. […] L’esprit général est pour le
gouvernement républicain mais il rajoute qu’on ne trouverait pas 10 démocrates
purs dans tout l’arrondissement.[36]
Commissaire
de la République Il
est nommé le 4 juin[37] ;
il remplit sa mission avec conscience et conviction mais il est révoqué
le 4 novembre : L’opinion attribue
cette disgrâce à sa modération, à sa tiédeur présumée à l’endroit de
Cavaignac, à sa parenté, à ses relations. Belliard, neveu du maréchal
Lannes et cousin de Montebello aura semblé peu propre à entrer en campagne
pour le général Cavaignac contre le neveu de l’Empereur… Il rentre
honorablement dans la vie privée, parce qu’il ne s’est pas prêté à aucun
des actes de violence administrative qu’on lui a, dit-on, demandés.[38] Cette
mesure surprend Belliard et peut paraître étonnante en effet ; il soutenait
officiellement le journal républicain Le pays (et en avait prévenu le
ministère) pour mener la campagne en faveur de Cavaignac. Tous les jours, Le
pays réfute les arguments de L’opinion. Ainsi, le 31 octobre, le
journal de la préfecture passe en revue tous les candidats et les écarte
d’une formule dénigrante : M Bonaparte…sera soutenu par les anciens
conservateurs qui le considèrent comme une transition… Quant à la valeur
individuelle du prince, ses souteneurs n’en parlent pas et ils agissent en
cela assez prudemment…. Qui parle de M Ledru-Rollin dont les doctrines épouvantent
la France ? … L’homme sage … ne saurait fixer son attention que sur M
Lamartine ou le général Cavaignac… Le général Cavaignac est le seul dont
la candidature soit rationnelle et l’élection satisfaisante. [39] Le
3 décembre Pasquier, son successeur, arrive. Entre temps l’intérim a été
assuré par le Doyen du Conseil de Préfecture, E. Dupetit. Représentant
du peuple en 1849 Lors
des Législatives de 1849, Belliard franchit le pas : il est
candidat de L’Opinion et du parti de l’ordre et en même temps
sur la liste bonapartiste de l’arrondissement de Lombez ; il est élu le
13 mai à l’Assemblée législative sur la liste conservatrice. Il y soutient
la politique du Prince-Président. Réélu député dans la circonscription
d’Auch en 1852 puis en 1857 et 1863, il fait partie de la majorité « impérialiste »
de l’Assemblée. Il est conseiller général pour le canton de Lectoure de
1852 à 1870. Mais en 1869 Aylies lui est préféré comme candidat officiel à
la députation, il se retire alors de la politique. CARBONNEAU
Pierre François Achile (dit Pierre-Achille ). (Son
nom est écrit de diverses façons : CARBONNAU ou CARBONNEAU ou CARBONAU) . Né
le 21 février 1799 à Lectoure, il est le fils d’un médecin, Jean François
Carbonau et de Françoise Dumoulin qui habitent à Lectoure dans la Grande rue,
Section St Gervais[40].
Avocat
à Lectoure et l’un des meilleurs du Gers, il meurt rentier et riche le 9 juin
1865 à Castet-Arrouy, village de sa mère, où il possédait un domaine. Il est
célibataire. Ses
concitoyens le choisissent très logiquement comme Président de la commission
exécutive de Lectoure qui est constituée dès le 26 février 1848 et formée
de 7 membres : Carbonneau, Belliard, Noguès (avocats), Labat et Barailhé
(propriétaires), Pujol (négociant), et Couraud (ferblantier)[41].
Puis Achille Carbonneau est choisi comme Sous-commissaire de Lectoure
du 27 février au début mai.[42]
Et,
comme tous les hommes engagés de son époque, il se porte candidat pour
les législatives. Le Comité électoral présidé par Alem-Rousseau dit de lui :
Carbonneau homme nouveau, désintéressé, ferme républicain,
n’ayant pas de famille à caser. La confrontation est vive entre L’Opinion
et Le franc-Républicain[43].
Carbonneau est pris à partie et réplique. Dagnan résume cette passe d’armes
ainsi : Carbonneau, tout en se déclarant le défenseur énergique de
la famille, de la propriété, de l’héritage, a imprudemment parlé de
l’organisation du travail et préconisé l’association libre du patron et de
l’ouvrier : l’Etat fournira à ce dernier une partie du capital social,
retirée si l’entreprise réussit, perdue si elle échoue. -
Mais répond gravement « L’opinion », cette caisse de
l’industrie qui prête à l’ouvrier ne sera évidemment constituée
qu’avec le superflu de ceux qui ont de l’argent. C’est donc un
acheminement au communisme – Carbonneau récidive et aggrave son cas en prônant
l’impôt progressif sur le revenu « avec une échelle modérément
ascensive. » Il veut remplacer l’impôt du sel et les autres impôts
indirects par des lois somptuaires et l’impôt progressif « sagement
organisé ». Représentant
du peuple en 1848 et 1849 Malgré
(ou à cause de ?) cette polémique Carbonneau figure sur les trois listes
républicaines et il est élu le 23 avril le dernier du Gers, il siège à
gauche, mais, surpris par la violence de ses collègues, se rapproche bien vite
du groupe Cavaignac. La notice de 1855 signale : quoiqu’il eut été nommé
par le parti conservateur il se plaça dans les rangs des Montagnards et vota
avec eux. Et : conservateur sous la monarchie, républicain sous la république.
Le policier qui rédige la note le juge excentrique et bizarre.
Lors des élections du Conseil général, en juillet, il est un des cinq républicains
élus.[44]
Après
le coup d’état du 2 décembre, il se retire de la vie politique et reprend sa
place au barreau de Lectoure ; il ne participe pas à l’insurrection, qui
d’ailleurs est très limitée dans la ville de Lectoure et n’est pas inquiété. A Condom [45]
Comme
à Auch, les Républicains sont divisés en tendances mais ils ne sont qu’épisodiquement
rivaux. C’est peut-être le résultat d’années de « république
clandestine », selon l’expression de Jeanne Gilmore[46],
autour de Félix Lebbé[47]
qui a fondé L’étoile d’Aquitaine. La notabilité et la personnalité
de chacun les poussent sans doute à
conjuguer leurs efforts pour asseoir la République et la consolider. Ce travail
souterrain coordonné, accompagné de pratiques régulières d’éducation
populaire pendant ces trois années, fait de Condom et des alentours un foyer républicain
dit « rouge » et permet à l’arrondissement d’avoir deux élus
en 1848 à l’Assemblée constituante et encore deux en 1849 à l’Assemblée
législative. Quatre de ces personnages, Gavarret, Gounon, Duputz et Lamarque,
liés par l’amitié, convaincus et désintéressés ont joué un rôle
primordial et reconnu dans l ‘arrondissement. GAVARRET
Louis Sébastien Philip [48]
Son
père Jean PHILIP, bourgeois, avait choisi de prendre comme patronyme le nom de
sa maison, Gavarret. Louis-Sébastien
est né le 14 juillet 1791 à La Sauvetat (Gers), et décèdera
le 15 mars 1881 à Béraut, (près de Condom) sur le domaine du Tuco,
qu’il avait acheté. Il épouse Jeanne Georgette
Virginie Dubarry de Lassale d’une famille de républicains déclarés
– et très surveillés - du Condomois. Ils n’ont pas d’enfant. Cet
avocat reconnu (instruction étendue, valeur personnelle considérable d’après
la notice de 1855) et aisé
pourra se retirer tôt du barreau. Il
est membre de la Loge maçonnique l’Auguste Amitié de
Condom sous la Monarchie de Juillet. Elu député en 1831, il siège avec la
gauche dynastique, démissionne l’année suivante et est remplacé le 14 février
1833 par Alfred Lannes de Montebello. En 1833, il est élu au Conseil général
du Gers pour le canton de Condom[49],
et en est le secrétaire pendant 16 ans ce qui lui vaut la Légion d’honneur
en 1845 ; il en est flatté[50]
. Lors
des élections de 1847 il talonne de 61 voix, Eugène Persil,
le fils du conservateur Jean-Charles Persil (Procureur général et deux
fois Garde des sceaux ; admis à la Chambre des pairs en 1839). Il
joue un rôle prépondérant dans la campagne de banquets qui précède et
annonce la chute de la monarchie et préside, en particulier, le banquet réformiste
de Condom, en novembre 1847 qui réunit 400 personnes Le
29 février 1848 le voit nommé Sous-commissaire de la République[51]
à Condom[52],
poste pour lequel le nouveau Commissaire de la République, Prosper Barousse, le
trouve compétent.[53] En
mars 1848 : Gavarret est Président du Club condomois chargé de préparer
les élections. Mais il démissionne très vite en donnant comme motifs
son état de santé et sa candidature pour les élections. D’où une polémique
dans le journal L’étoile d’Aquitaine du 26 mars[54]
avec un article (non signé) :
peut-il être candidat s’il est malade ? Il est vrai que le rédacteur en
chef, Lamarque, était candidat à la candidature. De fait dans les premières
listes publiées par le journal, Gavarret n’apparaît pas y compris dans la
liste dite « définitive » publiée le 16 avril. Représentant
du peuple en 1848 et 1849 Les
listes ont subi force modifications, et Gavarret, enfin candidat, est élu à
l’Assemblée constituante le 23 avril, 1er sur 8 avec 64 589 voix.
En juillet il est un des cinq républicains élus conseillers généraux seuls
rescapés de la vague conservatrice. A
l’Assemblée il siège dans la Commission de l’instruction publique ;
il est pour la gratuité absolue du primaire. Il fait partie du comité des
cultes. S’il appartient à la tendance démocrate modérée, il sait s’en démarquer,
en particulier quand, en septembre, il soutient avec une trentaine de députés,
la proposition de Victor Hugo d’inscrire dans la constitution l’abolition de
la peine de mort. Le
26 novembre 1848, il participe à Condom à l’organisation d’un banquet de
soutien à la candidature de Ledru-Rollin qui réunit 180 personnes selon L’opinion,
360 au dire de L’étoile d’Aquitaine. Un cortège, tambour en tête,
se répand dans la ville aux cris de Vive la République démocratique et
sociale. Après
l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte, il participe à la fronde
parlementaire des républicains. Chaque
fois qu’il vient dans le Gers il est très surveillé ; lors de son
retour le 12 août 1850, il a droit à la sérénade, tradition de la ville. Il
rentre dans la vie privée après le coup d’état du 2 décembre mais le
pouvoir se méfie toujours de lui en particulier à cause de son influence : considération
marquée dans une très grande partie de la bourgeoisie et parmi le peuple, d’après
la notice de 1855. GOUNON Victor-Dominique
Né à Eauze[55]
le 24-12-1800 d’après les dictionnaires biographiques[56].
GOUNON
Victor-Dominique, […],
beau-frère de M. MOCQUARD secrétaire particulier du Cabinet
de sa Majesté l’Empereur, est
décédé subitement le 4 juin 1860 à
Eauze lors d’une
réunion dans une des salles de
l’Hôtel de ville à 3 heures du soir à l’âge de 58 ans, né à Eauze.[57]
Jean François Mocquard (1791-1864), d’origine parisienne,
avocat du parti libéral sous la Restauration qui, en particulier, plaida pour
les Quatre sergents de La Rochelle, quitte Paris pour raison de santé. Il est
d’abord sous-préfet de Bagnères-de-Bigorre de 1830 à 1838. Nommé sous-préfet
de Condom le 5 octobre 1838, il refuse le poste et démissionne. Il épouse Anne
Gounon. De retour à Paris il devient en 1851, chef du cabinet particulier du
Prince-Président puis de l’Empereur et cela jusqu’à sa mort en 1864.
La
situation de Mocquart va influer fortement sur l’engagement politique de son
beau-frère. Gounon
adhère très jeune aux idées libérales ; il se fait remarquer pour la 1ère
fois en 1824 lors d’un procès politique : Condom, qui était dans
l’opposition, vient d’être destituée de son siège électoral au bénéfice
d’Eauze. Gounon et d'autres s’opposent à cette translation arbitraire et,
au cours d’une bagarre, ils échangent quelques coups de cravache. Lors du
procès, avec Gavarret pour avocat, ils sont acquittés. Il
défend des idées libérales sous la Restauration et sous la Monarchie de
Juillet et est en constante opposition. En 1830 il s’empare de la mairie,
refuse de prêter serment à Louis-Philippe et est vite remplacé par un riche
propriétaire, Julien Canot. Sous
Louis-Philippe il refuse de payer l’impôt. Il est très proche des républicains
de Condom et en particulier de Lebbé. Les républicains sont influents à Eauze
et se retrouvent tous les jeudis à l’occasion du marché. Représentant
du peuple en 1848. En
février 1848, le sous-commissaire de Condom lui écrit : prenez en main
l’administration communale (Eauze). Il constitue une commission de 8
membres. Son ami Gavarret l’intègre très vite dans la liste républicaine.
Elu sixième représentant du peuple à l’Assemblée constituante, présenté
à la fois par les conservateurs et les républicains modérés, il siège avec
les républicains modérés. Il fait partie de la Commission du commerce et de
l’industrie et défend la viticulture, s’élève contre l’impôt indirect
sur les boissons : plus l’impôt est lourd et accablant, moins il y a de
consommation, d’une part, et d’autre part plus les chances de fraude se
multiplient. [58] En
1849, sur la liste des républicains modérés, il n’est pas réélu à la Législative Rallié
à l’Empire, maire d’Eauze, sa gestion n’est pas toujours appréciée : il
veut embellir la ville et assainir les fossés. On lui reproche aussi ses
relations familiales et son caractère ombrageux En
1851, maire d’Eauze, il doit faire face aux troubles : le 4 décembre, vers
11h, une cinquantaine d’hommes entrent à la mairie et demandent les armes de
la garde nationale. Gounon refuse. Ils les prennent de force et se massent
devant la mairie puis l’occupent pendant que d’autres font sonner le tocsin.
Gounon
et le commissaire essaient de parlementer. Puis le maire demande aux gendarmes
de retourner dans leur caserne. Le sous-préfet, en fin de journée, envoie un
message annonçant que partout l’agitation est tombée. Les insurgés partent.
Et
la répression commence. Les insurgés se cachent et Gounon offre l’asile de
son château de La Pouche à plusieurs d’entre eux avant de leur faciliter le
passage en Espagne. Il écrira : Je me suis fait chien de Terre-Neuve pour
sauver les naufragés. La
société élusate reste marquée par l’état de siège. La municipalité ne
peut fonctionner : le maire et les adjoints sont nommés mais les conseillers
sont élus parmi les opposants. Le pouvoir central devra dissoudre plusieurs
fois le conseil municipal. Gounon
redevient maire de 1854 à 1857 ce qui se traduit par un certain apaisement. De
plus en plus modéré ou réaliste, il accepte de prêter serment à
l’empereur. Les rédacteurs des notices de 1855 restent pourtant méfiants : Considération
dont il jouit, relations : a perdu beaucoup dans les temps qui ont suivi 1848.
Très considéré du parti avancé qui attend tout de lui. A repris quelques
relations avec les hommes d’ordre. Influence
: considérable à cause de sa popularité personnelle et à raison du crédit
qu’on lui suppose. Antécédents
politiques :
on lui croyait avant 1848 des opinions légitimistes. Il fut même le
candidat de cette coterie à une élection politique. Il votait avec la gauche
à l’assemblée constituante ; il a donné le triste exemple du refus de
l’impôt. Opinions
politiques apparentes : napoléoniennes.
Sentiments
politiques réels : républicains. Caractère,
confiance à accorder :
caractère aimable et insinuant mais n’offrant pas une constance suffisante
pour former un homme politique complet sacrifiant beaucoup trop à la popularité,
mais lié aujourd’hui d’une manière étroite à la destinée de
l’Empereur il offre par sa position les garanties qu’il ne saurait donner
par son caractère ou par ses principes. On prétend que M Gounon vise à
devenir sénateur, je crois qu’il se bornera à demander un siège au corps législatif. Et,
aux législatives de 1857, il se présente contre le Comte Lagrange candidat
officiel. En
1860, d’après l’acte de décès, il est adjoint au maire, membre du Conseil
général, délégué cantonal pour l’instruction primaire, membre du Bureau
de bienfaisance d’Eauze, Président et fondateur de la Société de Secours
mutuels d’Eauze Les
Elusates deviennent bonapartistes surtout après 1870 et le resteront jusque
vers 1900 fortement influencés par les deux Cassagnac. LAMARQUE Lucien
Jean
Marie Lucien, né le 2 février
1816 à Condom n’est pas d’une famille de notables : il est fils de Jean
Lamarque horloger à Condom et de Zoé Labit. Il meurt le 27 janvier 1886 à
Condom (à son domicile rue Buzon) et ses obsèques civiles sont l’occasion
d’une grande manifestation politique. Son
cousin germain, Jean Baptiste Lamarque, riche propriétaire joue un rôle
important dans l’installation de la République à Fourcès. Lucien
Lamarque fait partie de la Loge L’auguste Amitié de Condom
dont il est Vénérable en 1848. Correspondant
de L’ami du peuple[60],
il s’est engagé jeune dans l’opposition clandestine comme en témoignent
les rapports de police archivés par la préfecture de Toulouse[61] :
il participait dès 1836 à des réunions de « carbonaris » ou de
« communistes » à Toulouse, au Capoul, place Lafayette, infiltrées
par un ou des espions qui ne signent pas leurs rapports. Lamarque y annonce le
16 janvier 1843 que Condom est organisée, que la garde nationale n’était pas
désarmée et que l’on pouvait compter sur 300 hommes armés pour se porter sur
les lieux de l’insurrection. Et le 7 février de la même année, grâce
à cet espionnage, la police toulousaine découvre qu’il y a eu un banquet en
octobre 1842 à Condom entre les agents de l’insurrection. Considéré
comme l’un des chefs « rouges » de Condom, il est parmi les
premiers à organiser la République dans sa ville et est membre de la
commission provisoire puis est nommé Sous-commissaire du gouvernement le
7 mars à Condom . Le
comité électoral d’Alem-Rousseau propose de choisir Lamarque comme candidat
et dit de lui : d’opinions
républicaines hautement prononcées. Dans son journal, L’étoile
d’Aquitaine, le candidat écrit le 2 avril 1848 : A
mes concitoyens du Gers. Citoyens. Par
un excès de bienveillance dont je suis fier, plusieurs de mes amis ont proclamé
ma candidature pour l’assemblée nationale. L’article continue par une
profession de foi ; il est pour : un
gouvernement républicain fort et démocratique ; le maintien inébranlable de
la propriété et de la famille ; la consécration du droit au travail ; l’éducation
nationale gratuite pour tous ; le vote universel. Le 23 avril le journal fustige
les ridicules accusations de
communisme à l’encontre de Lamarque. Il
est sur deux listes mais n’est pas élu (il n’a que 6 000 voix alors que
Gavarret en a plus de 64 000). L’étoile
d’Aquitaine
écrit le 12 novembre 1848 : Monsieur Louis-Napoléon Bonaparte, nonobstant
l’insignifiance de sa personne et le ridicule de ses prétentions, exerce un
certain prestige sur la population des campagnes […]. Le Prince Louis-Napoléon
est aujourd’hui le drapeau de tous les partis réactionnaires coalisés. Le
journal de Lamarque n’est pas aussi clairvoyant que celui d’Alem-Rousseau ! Le
26 novembre 1848, il préside le banquet et porte un toast à Ledru-Rollin l’ami,
le défenseur des prolétaires et qui a pour devise : droit au travail, famille
et propriété, trilogie sainte et indivisible. Le
parti « rouge » fonde L’égalité (1er numéro
le 17 avril 1849) pour répandre les idées républicaines en particulier dans
les campagnes ; le journal propose l’impôt progressif sur le revenu,
l’exploitation par l’état des chemins de fer, des mines, canaux, banques,
assurances ; il veut le service militaire obligatoire pour tous, l’instruction
primaire obligatoire et gratuite. Ses rédacteurs ne se veulent pas socialistes.
L’Egalité publie des Lettres aux paysans qui circulent en
brochures. Ces brochures, dit le procureur de la République, sont transmises de
la main à la main en cachette et sans publicité. Ce colportage n’étant pas
public se devine bien plus qu’il ne se voit. Elles sont lues et commentées
par les instituteurs. Ce journal est surveillé de très près : arrestations de
colporteurs, perquisitions chez Lamarque président de la Solidarité républicaine
supprimée par une simple circulaire du Ministère de l’Intérieur (mai 1849).
Lamarque est l’un des avocats du journal L’égalité lors du procès
des 18, 20 et 22 octobre 1849. Le gérant, Abadie, est condamné. Sous
la Présidence de Louis-Napoléon Bonaparte, il continue à s’opposer au
pouvoir : Le
24 février 1850 il préside le banquet républicain de Vic-Fezensac. En mai et
juin 1850 des placards « incendiaires » sont affichés à Condom ;
l’opinion en accuse les républicains ; les « quatre avocats rouges »
de Condom protestent par une lettre publiée par la Constitution
et L’ami du peuple. Le procureur général les traduit devant le
conseil de l’ordre pour les faire radier en remarquant que Lamarque ne
plaidant pas cela ne servira à rien. Le 22 novembre 1850, Lamarque et
Dugarçon sont condamnés à 6 mois de suspension, Daulhième à 3 mois,
Lassalle, avocat stagiaire, à la réprimande d’après Dagnan. Lamarque
est un ami de Duputz, le représentant, et de Noullens son secrétaire ; ils
font des tournées ensemble dans le Gers. Dans
une lette à l’Ami du peuple Lamarque écrit le 11 juin 1851 : Condom
a des alguazils, des mouchards, des délateurs des complots basés sur une
chanson ou sur un paletot rouge[62],
des arrestations, l’intimidation et la terreur. Tout est crime aux yeux de
notre parquet : une couleur, un chant, une promenade nocturne… Partout, les républicains
sont traqués, poursuivis, incarcérés, ruinés eux et leur famille… Mais
nous demeurerons calmes. En
avril 1851, il devient Président de la société commerciale imaginée par
Duputz pour sauver L’Ami du peuple. Le journal sera supprimé après le
coup d’état à la suite de quatre procès. La
loge Auguste-amitié était la seule société secrète tolérée, elle réunissait
les « rouges » (avocats, artisans, fonctionnaires révoqués, commerçants…)
et était surveillée, Lamarque en est Vénérable en 1850 mais n’est pas réélu
d’après le commissaire de police en septembre 1850. Interdite provisoirement
le 15 avril 1851, elle est remplacée par des sociétés secrètes, promues par
Lamarque, qui se multiplient. L’une d’elles se réunit au café Lestrade
dans un faubourg de Condom. Des réunions ont lieu aussi à Eauze et dans de
nombreux bourgs. DUPUTZ
Mathieu Edouard D’après
son acte de décès il est né à Bordeaux le 12 janvier 1812 ; il meurt à
Vic-Fezensac le 25 avril 1883. Il est célibataire. Il
est percepteur mais est destitué en 1849 à cause de ses prises de position
politiques. Il devient négociant. Avec Lamarque il fonde l’Etoile
d’Aquitaine. Dès
le 26 février il s’engage et participe à la commission provisoire puis à
l’organisation du banquet du 26 novembre. Il
fait partie de l’association Solidarité républicaine
fondée par Ledru-Rollin le 4 novembre 1848 et a une grande audience
au sein du parti montagnard dans le Gers mais aussi à Paris et à Londres. Pour
les législatives de 1849, Edouard Duputz est candidat sur deux listes :
celle du journal L’égalité[63] et
celle des républicains modérés. Le 28 avril 1849 L’égalité déclare
adopter la ligne politique du Comité démocratique socialiste de Paris. Tous
les candidats montagnards étaient tenus de souscrire aux six propositions du
comité : 1) la République est au-dessus du droit des majorités – 2) si
la constitution est violée les représentants du peuple doivent donner
l’exemple de la résistance – 3) les peuples sont solidaires comme les
hommes ; l’emploi des forces de la France contre la liberté des peuples
est un crime…- 4) le droit au travail est le premier de tous les droits ;
il est le droit de vivre ; la plus dure des tyrannies est celle du capital ;
la représentation nationale peut et doit poursuivre l’abolition de cette
tyrannie – 5) dans une nation libre l’éducation doit être pour tous
gratuite, commune, égalitaire et obligatoire – 6) le rappel du milliard des
émigrés est une mesure juste, utile, possible. Représentant
du peuple en 1849 Il
est élu le 13 mai 1849 à la Législative, le 6ème sur 7 avec 30526
voix (sur 70087 votants, 96572 inscrits). Il siége à gauche et vote le plus
souvent avec la « Montagne ». Victor Schœlcher le classe dans le groupe
de 24 membres qui s’étaient détachés de la montagne pour quelques nuances
d’opinion tout en conservant les mêmes principes.[64] Chaque
fois qu’il vient dans le Gers il est très surveillé ; le commissaire
d’Auch écrit le 17 janvier 1850 : l’arrivée dans nos murs de M. Duputz,
représentant montagnard, n’a donné lieu à aucune manifestation. Quelques
amis politiques lui ont fait compagnie.[65] Le
20 janvier 1850 à Condom, Duputz, « le chef des rouges »,
recommande à ses amis de se tenir prêts à combattre pour défendre la République
car il faut s’attendre à un prochain coup d’état. Le 14 février il
assiste à un banquet à Condom, la veille de son départ à Paris. Duputz a sa
sérénade le 25 août. ; une autre le 6 septembre (17 musiciens). Duputz,
explique ainsi la victoire de Louis-Napoléon Bonaparte aux élections présidentielles
(le 15 février 1851 dans L’ami du peuple) : il n’était pas un
paysan pour qui l’élection de Louis Napoléon Bonaparte ne signifiât
remboursement des 45 centimes. Septembre
1851, nouveau banquet à Lectoure où il aurait exhorté à descendre en
armes dans la rue au premier signal pour défendre la constitution. Quand
L’Ami du peuple est menacé, Duputz a l’idée de l’organiser en
société commerciale avec un fonds d’exploitation de 30 000 francs constitué
par 30 000 actions nominatives de 1 franc, accessibles aux démocrates les plus
pauvres. Le 25 octobre 1850 L’ami du peuple publie les statuts de la
nouvelle société en commandite. Mais la souscription traîne jusqu’en avril
1851. La société se réunit début avril et le bureau est élu : L. Lamarque
(Condom) préside; Duputz, le principal actionnaire, est le directeur politique
de la feuille montagnarde ; il envoie de Paris le rédacteur en chef Benjamin
Gastineau collaborateur au journal La voix du peuple. 200 abonnés. L’Ami
du peuple sera supprimé lors du coup d’état après avoir subi quatre
procès. Duputz pendant tout ce temps incite le journal à rester franchement
dans la ligne démocratique, socialiste et révolutionnaire. A négliger les
personnes pour exposer les principes. L’Ami du peuple fulmine
contre les républicains modérés qui semblent relever la tête en décembre
1851. Quand, devant les menaces de coup d’état, un rapprochement avec
Alem-Rousseau est envisagé, Duputz refuse. A
la veille du coup d’état il inspire une brochure et en paie les frais
d’impression pour venter la candidature de Ledru-Rollin en 1852 ; pour cela il
faut faire obstacle à une candidature qui serait issue d’une fusion
de la montagne et des républicains modérés. Il pense que la montagne
va se rallier à la candidature de Carnot. Dans cette brochure il oppose la
population ouvrière menée par des chefs qui veulent substituer la propriété
collective à la propriété individuelle, à la population rurale réfractaire
aux systèmes socialistes. Mais la brochure ne fut pas publiée à cause du coup
d’état. Le
département dès le début de la Seconde République s’est distingué par son
agitation, selon les termes des commissaires de police ; dans une lettre
du 10 août 1848 le ministère de l’intérieur s’inquiète :
je suis informé que les anarchistes s’agitent dans votre département
et cherchent à s’organiser dans les loges maçonniques.[66] Dans
l’arrondissement de Condom surtout mais aussi à Auch les « rouges »
restent actifs pendant les trois années de la République. Par contre
l’arrondissement de Lombez a basculé à droite dès juin 1848. Après une
courte insurrection en décembre 1851 suivie de la répression, le département
devient beaucoup plus calme sinon résigné. Annexe Les
principales dates de la Seconde République 22-24
février 1848 :
3 journées révolutionnaires. Chute de la monarchie. Constitution d’un
gouvernement provisoire dirigé de fait par Lamartine, avec Ledru-Rollin au
ministère de l’Intérieur. 25
février 1848
: proclamation de la République 5
mars 1848
: décret instituant le suffrage universel masculin 23
avril 1848
: élection de l’Assemblée constituante 27
avril 1848 :
publication du décret abolissant l’esclavage, rédigé par Victor Schœlcher 15
mai 1848
: le peuple de Paris envahit l’Assemblée 23-26
juin 1848
: « Journées de juin » : insurrection ouvrière à Paris, réprimée
par l’armée commandée par le général Cavaignac. 28
juin 1848 :
Cavaignac nommé président du Conseil. 17
septembre 1848 :
élections partielles, Louis-Napoléon Bonaparte est élu à Paris 2
au 4 novembre 1848 :
vote de l’ensemble de la Constitution qui est proclamée le 21 novembre 10
décembre 1848 :
élection du président de la république au suffrage universel masculin :
Louis-Napoléon Bonaparte est élu avec plus de 5 400 000 voix
contre Cavaignac, Ledru-Rollin, Raspail, Lamartine (dans le Gers il
obtient 57 253 suffrages, Ledru-Rrollin 9 125, Cavaignac 5 946 ). 13
mai 1849 :
élections de l’Assemblée législative 2
décembre 1851 :
coup d’état de Louis-Napoléon Bonaparte.
Insurrection à Paris les 2 et 3 ;
dans le Gers du 3 au 5, dans 14 cantons sur 27.
Proclamation de l’état de siège le 8 décembre dans le Gers en
particulier. Durera jusqu’au 7 avril 1852. 21
décembre 1851 :
plébiscite pour ou contre une constitution qui donnait pour 10 ans beaucoup de
pouvoirs au président (7 millions et demi de oui, contre 640 000 non) Répression
judiciaire dans le Gers en décembre 1851, renforcée
par la création le 3 février 1852 des commissions mixtes. 29
février 1852 :
Elections législatives 21
novembre 1852 :
2ème plébiscite rétablissant l’empire 2
décembre 1852 :
proclamation officielle du Second Empire. [1]
Les acteurs que j’ai étudiés sont ceux qui apparaîtront dans le
« Dictionnaire du personnel politique de
1848 », Edition Nouveau Monde, dirigé
par Eric Anceau et d’autres professeurs de la Sorbonne. C’est à dire :
les préfets, sous-préfets et les députés élus en 1848. J’ai vérifié
leur état civil ou utilisé celui donné dans le livre publié par
l’Association du corps préfectoral ( Bargeton, Bougard,
Le Clère et Pineau : Les
préfets du 11 Ventôse an VIII au 4 septembre 1870. Répertoire nominatif
et territorial. Paris Archives nationales.1981). Les exceptions sont
mentionnées. [2]
Pour ne pas alourdir le texte je ne redonnerai pas en notes les références
bibliographiques qui suivent : Ø
J.
DAGNAN : Histoire politique de la Province. Le Gers sous la Seconde
République Tome
I : La réaction conservatrice (février 1848-2décembre 1851)Auch
1928 Tome
II : Le coup d’Etat (décembre 1851-décembre 1852) Auch 1929.
Ø
Biographie des 900 Représentants à la Constituante et des 750 représentants
à la Législative session 1849 Ø
Le Gers. Dictionnaire biographique de l’Antiquité à nos jours.
Sous la direction de G. COURTES. Publié par la Société archéologique du
Gers. Ø
ROBERT et COUGNY Dictionnaire des
Parlementaires de 1789 à 1889 Ø
LESAULNIER : Biographie des 900 députés
à l’Assemblée nationale 22 août 1848 Ø
Aux archives de la Haute-Garonne et du Gers, l’état civil a été mis à
contribution ainsi que la correspondance préfectorale, les journaux et les
rapports de police dont les « notices sur les notable »,
de 1855 ( 1 M 235 aux AD du Gers), sources qu’il faut manier avec
précaution. [3]
AD Haute-Garonne : 4M 62 [4]
AD Haute-Garonne : 4 M 61 : Lettre du 9 mars 1848 de Pégot-Ogier
à Joly [5]
L’Histoire n° 307 de mars 2006 : dossier Liberté !
La révolution des Lumières. En particulier l’entretien avec Daniel
Roche et l’article d’Antoine Lilti sur la diffusion des Lumières. [6]
Bulletin de la société archéologique du Gers
1927 : G. Brégail : Le marquis d’Orbessan. Et
1936 : Le Président d’Orbessan et son foyer artistique et
intellectuel. 1716-1796 [7]
Bulletin de la Société archéologique du Gers
1936 : G. Brégail : Le Président d’Orbessan et son
foyer artistique et intellectuel 1716-1796. [8]
Journal official de la Monarchie, puis de la République, puis de l’Empire
; c’est le JO actuel. [9]
AD Gers : 1M 242 [10]
AD Haute-Garonne : 4 M 61 Lettres à Joly [11]
AD Haute-Garonne : 4 M 61 Lettres à Joly [12]
AD Gers : 1 M 278 [13]
AD Gers : Journal du Gers Le pays du 16 septembre
1848 [14]
AD Gers : Le pays du 23 septembre 1848 [16]
AD Gers : Journal L’opinion [17]
AD Gers : Journal L’égalité : 1er numéro le
17 avril 1849 rédigé par des démocrates d’Auch et de Condom [18]
Lepeletier, nom du Jacobin qui avait voté la mort du roi et qui avait fait
voter une loi supprimant le crime de blasphème passible de la peine de mort
sous l’Ancien Régime. Assassiné le 20 janvier 1793, il avait été
transporté au Panthéon et considéré comme un martyr de la Révolution. [19]
Bulletin de la Société archéologique du Gers 1902 et 1903 : G Brégail
: Luttes politiques des Girondins et des Montagnards dans le département
du Gers et Un révolutionnaire gersois : Lantrac [20]
Annuaire du département du Gers. Auch chez F Labat imprimeur de la
Préfecture rue Dessoles. [21]
Biographie
par J. Noulens directeur de la Revue d’Aquitaine et inspecteur des
monuments du Gers. Paris.
Dumoulin , libraire-éditeur de l’école des chartes Quai des augustins 13
(AD du Gers) [22]
Bulletin de la Société archéologique du Gers 1980 : André Péré :
Les David une famille auscitaine de magistrats et d’hommes politiques. [23]
Articles cités note 18 [24]
BSAG 1963 : J. Cavé : La Société
départementale d’agriculture dans ses efforts pour le reboisement de 1797
à 1830 [25]
1M242 et 1M247 [26]
Sous la direction de Georges Courtès :
Deux siècles d’histoire de Lectoure 1780-1980. Georges
Courtès : Personnalités politiques du XIXème siècle.
Publié par la Société archéologique du Gers [27]
Bargeton, Bougard, Le Clère et
Pineau Les préfets du 11 Ventôse an VIII au 4 septembre 1870. Répertoire
nominatif et territorial. Paris Archives nationales.1981. Publié par
l’Association du corps préfectoral [28]
Bulletin de la société archéologique du Gers : 1969 : André
Lagarde : les origines du Maréchal Lannes [29]
plaque de l’Hôtel de ville de Lectoure : don à la ville
du château du Maréchal par sa veuve et ses enfants le 1er
septembre 1819. [30]
AD Gers : 3 J 34. Ainsi
que : Lectoure 1769-1969
publication du bi-centenaire de la naissance du Maréchal Lannes. Publié
par la Société archéologique du Gers.
[31]
Base Leonore. Centre historique des archives nationales. [32]
Bulletin de la société archéologique du Gers 1961 : Guy Palmade :
Le département du Gers à la fin du Second Empire. [33]
AD Haute-Garonne : Lettres
de Pégot-Ogier à Joly de mars 1848. 4 M 61. [34]
AD Gers : 1 M 266 [35]
AD Haute-Garonne : lettre de Pégot-Ogier à Joly : 4 M 61 [36]
AD Gers : 1 M 266 [37]
COURTÈS Georges (sous la direction de)
Sous-préfets et sous-préfectures du département du Gers
1800-2000. Société archéologique, historique, littéraire et
scientifique du Gers. [38]
AD Gers : Journal conservateur L’opinion [39]
AD Gers : Journal républicain Le Pays [40]
Archives municipales de Lectoure: recensements de 1846, 1876 et 1881 [41]
AD Gers : 1 M 66 [42]
COURTÈS Georges (sous la direction de)
Sous-préfets et sous-préfectures du département du Gers
1800-2000. Société archéologique, historique, littéraire et
scientifique du Gers. [43]
Le franc républicain journal républicain créé par Canteloup contre
Alem, le 23 mars 1848. [44]
BSAG 1991 : G de MONSEMBERNARD : L’évolution
politique du Gers de 1848 à 1940 à travers l’élection du Conseil général [45]
Alain GEAY : Condom et les Condomois. Passé Simple. Editions Alan
Sutton. [46]
Jeanne Gilmore : La république clandestine 1818-1848. Aubier.
Histoire [47]
Bulletin de la société archéologique du Gers 1961-1962 : Paul MESPLÉ :
L’opposition condomoise sous la monarchie de Juillet et la Révolution
de 1848 en Gascogne [48]
Avec l’aide d’un descendant de la famille Dubarry de Lassale, Philippe
Saint-Aubin. [49]
Bulletin de la société archéologique du Gers 1991 : G de
Monsembernard L’évolution politique du Gers de 1848 à 1940 à travers l’élection
du Conseil général [50]
AD Gers : extrait du registre des délibérations du Conseil Général
du Gers, séance du 1er septembre 1845 [51]
AD Gers 2 M10 [52]
Sous-préfets et sous-préfectures du département du Gers 1800-2000. Sous
la direction de Georges Courtès. Edité par la Société archéologique,
historique, littéraire et scientifique du Gers [53]
Sur quatre sous commissariat je n’en ai quand même qu’un seul qui
marche convenablement, celui de Condom. Lettre adressée par Barousse au
Commissaire général le 11 mai 1848. AD Haute-Garonne 4 M 61. [54]
AD Gers : Journal L’étoile d’Aquitaine. Rédacteur
en chef : Etienne Lamarque, soutenu par Ledru Rollin. Hebdomadaire
montagnard du dimanche qui paraît
du 25 août 1845 au 24 juin 1849. [55]
Eauze terre d’histoire. Coordination Jeannine Lemaire conseillère
municipale. [56]Je
n’ai pas trouvé l’acte : les registres d’Eauze sont en très
mauvais état et l’année 1800 absente. [57]
Etat civil : AD Gers : 5 E 26184 [58]
discours publié par Le Moniteur universel du 20 juin 1848. [59]
AD Gers. : Journal L’étoile d’Aquitaine. [60]
L’Ami du peuple, journal national dirigé par Raspail pendant la
Seconde république. [61]
AD Haute-Garonne : 4
M 123 : Rapports sur les francs-maçons et les carbonaris. [62]
Allusion à « l’homme rouge » , Pierre Arnoux, compagnon
charpentier, poursuivi parce qu’il portait un paletot rouge [63]
Le journal est surveillé et harcelé par le commissaire de police : Rapports
de situation politique, morale et matérielle AD Gers 1 M 278 [64]
Victor Schœlcher :
Histoire des crimes du 2 décembre. Bruxelles chez les principaux
libraires, édition considérablement augmentée. 1852. Tome II Chapitre
IX : La Résistance a été faite principalement par la bourgeoisie. (sur
site : 1851.fr) [65]
AD Gers 1 M 278 [66]
AD Gers 1 M 278
|
|
Association 1851 pour la mémoire des résistances républicaines |