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Insurgés
et opposants au coup d’État de décembre
1851 dans les Bouches-du-Rhône Hugues BREUZE
2ème partie Situation politique et sociale du département (1848-1852)
Chapitre IV : La IIe République dans les Bouches-du-Rhône B/
Désespoir républicain ?
1§.
Amertume des républicains des Bouches-du-Rhône
Si
la République survit aux troubles de juin 1848 et à la réaction conservatrice
qu’ils ont entraînée, les valeurs quarante-huitardes semblent définitivement
évanouies au sein d’un régime ayant à sa tête un prétendant au trône impérial. La
victoire de l’ordre achève donc de cristalliser l’amertume des républicains
déçus de ne pas avoir pu poursuivre l’expérience de ces "quatre
mois de république". Pierre Dubosc s’en fait un témoin privilégié,
même s’il reste persuadé que la lutte nouvelle qui s’engage dès 1849 sera
victorieuse : « (…)
ces quatre premiers mois de République à Marseille, si tristement couronnés
par une irréparable catastrophe, seront-ils un enseignement suffisant pour
l’avenir ? - il faut l’espérer, surtout si l’autorité nouvelle et
notre population si généralement bienveillante veulent se pénétrer de
l’importance des causes qui ont produit de tristes effets. « (…)
l’autorité de la République dans le département, affaiblie par les
concessions faites au maintien des anciens fonctionnaires publics, les élections
républicaines à moitié perdues, une irritation générale des esprits
produite par ces intrigues et toutes ces incertitudes, tels sont les tristes
fruits de ce règne insensé de quatre mois qui devait finir, au milieu des répulsions
générales, par la guerre civile et le sang répandu ! (…). « (…)
il faut chercher les véritables traces du seul complot qui ait ensanglanté
les rues de Marseille, complot de l’inexpérience tout au moins [en ce qui
concerne les autorités], auquel est venu en aide le complot permanent de la
contre-révolution qui est encore dans tant de têtes, dont les bouches clament
pourtant bien fort : "Vive la République ! ". « Mais
les conséquences de cette situation, y a-t-on bien songé ? - est-ce
encore avec l’intimidation de la force armée et des condamnations
exorbitantes qu’on veut gouverner, qu’on nous le dise ! Et alors nous
vous dirons, nous, quels trésors de colères publiques, de vengeances
personnelles vous accumulerez contre l’ordre et par conséquent contre la
Liberté ! « Non,
ce n’est pas avec ces détestables moyens de la monarchie, que la République
doit calmer les souffrances morales et physiques d’une société encore toute
bouillante d’ardeurs et d’espérances, immenses comme les malheurs qu’elle
a soufferts ! « Ce
qu’il faut aujourd’hui pour fermer les plaies, pour sécher les larmes, pour
adoucir les cœurs, c’est la justice, le droit commun pour tous ; c’est
la liberté sous la loi, sévère si vous voulez, mais égale pour tous ;
c’est un peu de cette égalité qui est la tendance inévitable de tout progrès
humain, et beaucoup de cette fraternité qui est à la fois le symbole et le
gage de la résurrection de l’œuvre qu’on (sic) commencé nos pères,
il y a soixante ans ! « Pour
Marseille, la tâche est moins difficile qu’on ne pense, mais il faut la
vouloir remplir avec fermeté et sincérité. A celui qui l’entreprendra avec
une foi vive dans la puissance des vraies doctrines républicaines, nous
promettons le concours de tout un peuple ardent, mais bon et charitable, fier
mais dévoué, courageux mais ami de l’ordre et de la paix publique. « A
quand donc la fête de la Concorde et de l’Oubli ? [1] ». Les
journées de juin 1848 constituent donc bien une rupture entre républicains
conservateurs et républicains socialisants. La déception de ces derniers n’a
toutefois d’égale que leur désir de revanche : rétablir la République
dans toutes ses prérogatives initiales. On espère l’instauration d’une République
"rouge", totale et complète, répondant aux besoins des couches
populaires de la population. Cependant,
le résultat des élections présidentielles de décembre 1848 exacerbe encore
un peu plus les sentiments des démocrates ; en outre, la victoire de
Louis-Napoléon Bonaparte provoque l’isolement des tendances républicaines
provençales ; dans les Bouches-du-Rhône, département relativement
anti-bonapartiste, la défaite conjointe des républicains modérés et radicaux
fait naître un certain résignation vis-à-vis de la pérennité du régime républicain
- ce désenchantement, on l’a vu, s’était déjà fait remarquer dès décembre
1848, au niveau de la participation aux élections présidentielles - . La
colère des républicains arlésiens, ne serait-ce que face à la candidature du
Prince aux élections présidentielles - sentiment exprimé dès décembre 1848
à travers une proclamation distribuée et rédigée par la "Société
Electorale Démocratique" de la ville, partisane de Ledru-Rollin - en dit
long sur le désespoir qu’ils ont pu ressentir après sa victoire : « (…)
Ne pouvant trouver dans leurs rangs un candidat acceptable, ils prennent pour
le démolir bientôt ce mannequin impérial. « Ils
font appels à l’ignorance et au fétichisme ! Ils viennent froidement déposer
au fond du scrutin la guerre civile ! « Et
ces hommes se disent des hommes d’ordre ! Non, mille fois non !
Citoyens la candidature de Louis-Napoléon, c’est la candidature du désordre. « C’est
une insultante raillerie du suffrage universel ! « C’est
un défi imprudent à cette République, fondée en février au nom de la
fraternité et que nous les démocrates, nous voulons défendre jusqu’à la
dernière goutte de notre sang. « C’est
le signal d’une lutte impie d’une lutte qui sera funeste surtout aux
aveugles insolents qui l’auront provoquée. (…) [2] ». Si
la menace du spectre de la guerre civile peut sembler précoce, on imagine sans
peine l’abattement des partisans de Ledru-Rollin lorsqu’ils apprennent la
victoire de Louis-Napoléon Bonaparte aux élections présidentielles. 1849
s’annonce donc bien comme l’année de la montée des antagonismes, de la
rupture de cette "concorde sociale" prônée prématurément par la Révolution
de février 1848. Alors
que les Provençaux demeuraient dans leur majorité hostiles au souvenir de l’Empire
et que les voix de Bonaparte provenaient surtout des campagnes - ce qui
expliquerait que, dans les Bouches-du-Rhône, ce dernier n’ait obtenu que le
plus faible pourcentage de suffrages de tous les départements du midi -,
« l’exercice du pouvoir », accompagné d’une « habile
et énergique propagande » vont
au fur et à mesure lui fournir une « majorité favorable »
dans le département : le désir de « conservation sociale »
de la bourgeoisie marseillaise trouve alors en lui un parfait garant de cet état
d’esprit [3]. Ainsi,
la victoire de l’ordre dans le département peut sembler complète dès 1849.
Mais les républicains vont, bien sûr, tenter d’y réagir. 2§.
Victoire de l’ordre ou renouveau clandestin et révolutionnaire des républicains ? Ce
sont les élections législatives du 13 mai 1849 qui achèvent la bipolarisation
des comportements politiques dans les Bouches-du-Rhône : il ne reste alors
que deux partis - socialiste et conservateur -, les nuances intermédiaires
s’y fondant obligatoirement. La participation inflige un nouveau camouflet au
suffrage universel : on observe plus de la moitié d’abstentions. Les
socialistes en subissent les conséquences : les neuf députés élus sont
tous de droite (Reybaud, Berryer, Sauvaire-Barthélémy, le général
Changarnier - remplacé par le général Rulhière lors de l’élection complémentaire
du 8 juillet -, de La Boulie, Poujoulat, Mérentier, Fournier et Frédéric
Pascal) ; les Bouches-du-Rhône sont d’ailleurs le seul département de
la vallée du Rhône où les socialistes n’obtiennent aucun siège.
N’ayant ainsi « rien à espérer par la voie légale, les socialistes
rêvent d’une nouvelle insurrection » [4]. A
la suite à cette nouvelle victoire conservatrice, le préfet Peauger donne sa démission
en septembre 1849 ; il est remplacé par le vicomte de Suleau (alors préfet
d’Eure-et-Loir), « très dévoué au prince Louis-Napoléon ».
Son arrivée coïncide alors avec la recrudescence des mesures de surveillances
de la propagande et des manifestations socialistes. Le nouveau préfet entend
ainsi désamorcer la menace d’un nouveau "péril social". Il
faut dire que l’état de l’esprit public est préoccupant pour l’autorité ;
le rapport de la Commission mixte résume la situation de l’époque : « C’est
surtout à partir des événements de juin 1848 que la ville de Marseille est
devenu (sic) l’un des centres principaux du mouvement démagogique :
la presse socialiste représentée par deux et plus tard par trois journaux
excitait chaque jour par une polémique furibonde les passions politiques si
facilement allumées dans les pays méridionaux : l’organisation des sociétés
secrètes, depuis longtemps préparée et malheureusement facilitée par
l’existence dans chaque commune rurale de ces cercles de village connus en
Provence sous le nom de chambrée, faisait chaque jour de nouveau progrès et
enrégimentait sous les drapeaux de l’émeute des populations égarées,
fanatisées par l’appas (sic) du bien être matériel et les doctrines
fatales du socialisme [5] ». Alors
que de Suleau se préoccupe de la création dans le département d’un parti de
l’ordre favorable à Bonaparte en lui ralliant les bourgeois conservateurs, la
rumeur, apparue dès 1850, d’un « grand coup » préparé
par les républicains, force l’administration à surveiller au plus près la
presse et les organisations socialistes. Elle est d’ailleurs aidée dans sa tâche
par la loi du 31 mai 1850 qui prive les démocrates d’une partie de leur électorat,
déjà déçu par les premiers scrutins, et celle du 16 juillet 1850 qui
augmentait le timbre et le cautionnement pour la presse. Ces mesures n’ont
toutefois eu qu’une efficacité relative, l’action républicaine trouvant de
nouveaux moyens de propagande, pour notamment s’accommoder l’opinion des
populations rurales, comme en témoigne en octobre 1850, le sous-préfet d’Aix : « (…)
depuis plusieurs mois, les doctrines démagogiques font des progrès parmi
les populations rurales. Plusieurs de nos communes dans lesquelles il existait
à peine, un germe de l’esprit de désordre, commencent à se laisser gagner.
Les rapports verbaux de plusieurs maires et de quelques citoyens honorables en
font foi. Ce progrès funeste s’explique par la propagande active et habile
des démagogues, qui, sous la forme de chants ou d’écrits populaires, font pénétrer
peu à peu leurs idées dans les masses. Cette propagande, qui ne peut être
facilement combattue, parcequ’elle s’exerce, pour ainsi dire,
individuellement, dans les cabarets ou dans les chambrées, ne se manifeste pas
encore au dehors (…) [6] ». On
est dorénavant bien loin de la propagande républicaine "officielle"
du ministère de Ledru-Rollin ; traqués comme fomenteurs de désordre,
comme responsables de l’agitation sociale qui a vu couler le sang en juin
1848, les meneurs républicains se voient contraints de prêcher clandestinement ;
cet aspect d’organisation secrète renforce d’ailleurs la thèse d’un
complot socialiste, dont la menace se fait aux yeux du préfet, de plus en plus
précise en octobre 1850 : « Ces
diverses rumeurs sont présentées avec des variantes qui se modifient suivant
le caractère des adeptes tantôt il ne s’agit avec les plus modérés que de
l’organisation d’un système défensif dans le cas où la Constitution
serait attaquée, tantôt c’est avec les plus virulents, l’intention
hautement proclamée de reprendre par la force ouverte tout le terrain gagné en
1848 et perdu depuis 1849 et de ne reculer devant aucun moyen tel que le
meurtre, le pillage et l’incendie, d’aborder enfin la guerre sociale avec
ses conséquences les plus extrêmes etc etc [7] ». Si
les surveillances de la Solidarité Républicaine et surtout de la Société de
la Nouvelle Montagne, créées en 1849, amènent comme résultat la saisie
d’un stock d’armes ainsi que la découverte de fonds réunis pour une future
prise d’armes et permettent à l’autorité de démontrer l’importance et l’utilité
de ses mesures, c’est surtout la découverte du "complot du Midi"
qui lui donne l’occasion d’agiter l’épouvantail de la guerre civile :
les masses conservatrices n’ont alors pas d’autre alternative que de choisir
le camp de l’ordre devant un tel état de fait. L’arrestation
d’Alphonse Gent le 24 octobre 1850 a en effet permis de déjouer
l’organisation d’une insurrection générale du Midi ; les
Bouches-du-Rhône n’y échappent évidemment pas : Le
principal agent de la Nouvelle Montagne y était, André Thourel, avocat à Aix
et ancien procureur général de la ville pendant le gouvernement provisoire de
1848. L’arrestation du correspondant de Gent est ordonnée le 26 octobre [8].
Le même jour, le préfet estime que « l’arrestation de Gent produira
un effet très favorable à Marseille [9] » ;
déjouer un tel complot plaçait en effet le gouvernement et ses représentants
en véritable position de force. La
perquisition au domicile de Thourel amène la saisie de « quarante à
cinquante lettres ou écrits politiques ». L’information du
"complot du Midi" compromet en outre Dubosc, désigné « comme
le correspondant à Marseille du Sr Gent que l’avocat Thourel désignait sans
vouloir le nommer ». La perquisition chez celui qui allait devenir rédacteur
en chef du Peuple n’aboutit pourtant qu’à la saisie de « papiers
insignifiants »[10]. Le
démantèlement de ce complot marque donc une nouvelle défaite des républicains
des Bouches-du-Rhône : après avoir perdu "légalement" à la
suite des scrutins de 1848 et 1849, ils subissent un autre camouflet alors que
la clandestinité devait leur épargner la surveillance des autorités. On
ne peut pourtant nullement en conclure que tout projet de résistance armée ou
d’organisation secrète soit remis en cause ; renseigné par les autorités
du département du Rhône, le préfet de Suleau entretient le procureur général
Dessoliers le 29 octobre « que les pérégrinations et le menées des
montagnards continuent, que le mot d’ordre d’éviter les manifestations pour
endormir les autorités et de n’agir qu’au moment fixé est suivi [11] ».
L’autorité
est encore renseignée à ce sujet en décembre : « (…)
une espèce de congrès doit se tenir à Arles d’ici à la fin de ce mois.
Il se composera de tous les chefs de la Montagne des quatorze départements dits
du Midi. Jean-Louis, régleur, chef des montagnards à Marseille, doit y
assister. «
le but de cette réunion est de s’entendre au sujet des divisions qui
existent au sein de la Montagne, et pour en écarter tous les membres en état
de suspicion (sic) [12] ». Le
fait que ces informations remontent jusqu’à l’autorité préfectorale donne
raison à la méfiance des chefs de la Montagne : l’organisation secrète
est infiltrée par des agents de la police malgré toutes les précautions
prises par les républicains. La
découverte du complot ne signifie pourtant pas la fin de la lutte, bien au
contraire ; voici le sentiment du préfet à ce sujet en janvier 1851
: « (…)
les circonstances qui ont mis à découvert les diverses machinations qui
forment le complot du Midi ont rendu les principaux meneurs plus circonspects et
parcqu’à la même époque une partie des agents employés à les surveiller
leur est devenue nécessairement plus suspecte, et a dû se tenir sur ses gardes
[13] ». Ainsi,
même si cette nouvelle défaite porte encore un dur coup aux ardeurs républicaines,
elle constitue toutefois plus une menace, incitant les démocrates à plus de
discrétion dans leurs projets, plutôt que l’abandon de l’organisation
d’une résistance armée. Les manifestations républicaines ne se bornent pourtant pas seulement à l’organisation clandestine : « (…)
dans un assez grand nombre de communes de ce département, les démagogues se
proposent, à l’occasion de la fête du 4 mai prochain [1851], d’organiser
des banquets où seraient réunis le plus grand nombre possible de convives. « Ces
réunions nombreuses, recrutées en général dans la partie la plus turbulente
des populations, peuvent être dans certaines localités soumises à l’action
incessante de la propagande socialiste, la cause de troubles graves et de désordres
sérieux [14] ». Ces
manifestations "officielles" n’échappent donc pas moins à la
surveillance et à la répression des autorités : un arrêté municipal préventif
suffit pour empêcher l’organisation de ce genre de banquet ; les portes
du local préparé à le recevoir sont aussitôt fermées et la force armée est
à la disposition de l’autorité si nécessaire. Devant
tous ces états de faits, les socialistes semblent se retrouver acculés à une
seule alternative : attendre 1852, en espérant la victoire par les urnes
tout en se préparant, en cas de défaite, à une insurrection armée dans le
but de ramener la République démocratique et sociale pour tous, perdue depuis
le repli conservateur engendré par les révoltes ouvrières de juin et les élections
présidentielles de décembre 1848. Le
fait de ne pas avoir su gérer le tournant révolutionnaire et de vivre dans une
république qui n’en a plus l’air côtoie pourtant l’espoir que la
"Belle" se fait attendre : le mythe de 1852, aux yeux des républicains,
ne peut que se transformer grâce à leur force collective - électorale ou armée
-, en réalité. Les vexations subies entre temps n’en apparaissent que
temporaires même si la lutte reste quotidienne. Ce
sentiment confère donc aux Bouches-du-Rhône une couleur originale : si
une ville comme Marseille abrite la plupart du contingent républicain du département,
« les campagnes sont encore plus ardentes que les villes [15] ». Paul
Allard insiste notamment sur « les élans révolutionnaires et les
replis conservateurs qui ont marqué cette période dans le département des
Bouches-du-Rhône [16] ». Ces
deux caractéristiques constituent toute l’originalité de la situation
politique et sociale du département pendant la IIe République :
les affrontements qui découlent de cette dualité illustrent la radicalisation
des positions politiques et leur inexorable bipolarisation. Ces particularités
départementales se traduisent de fait par des prises de positions violentes et
des affrontements fréquents entre cercles d’opinions opposées. Les chants séditieux
refleurissent, aussi radicaux qu’au temps de la grande Révolution comme en témoigne
celui saisi le 24 novembre 1851, dans le café de la veuve Doreille, à Tarascon
: « Français
le signal est donné Sortant
du sommeil léthargique Qui
tient tous nos cœurs enchaînés Servons,
vengeons la République Les
rois nous préparent des fers Et
nous conduisent à l’anarchie Qui
veut affranchir l’univers Doit
commencer par sa patrie Refrain :
« Chassons
les rois, poursuivons les tyrans
Marchons,
marchons sur les débris De
leurs trônes sanglants « Quoi
d’insolentes légions Voudraient
nous conduire à la chaîne Citoyens
levons nous et partons Nous
les terrasserons sans peine Des
soldats de la liberté Craindraient-ils
des soldats esclaves Non,
ils vivent pour l’égalité Et
meurent en bravant ses entraves Refrain
« Bientôt
le drapeau tricolore Flottera
sur tout l’hémisphère Fera
renaître l’âge d’or La
paix règnera sur la terre Les
flots de la mer courroucés Sur
l’emblème de nos civismes Portera
au peuple enchaîné La
chaîne par le despotisme Refrain
« Ô
toi bienfaiteur immortel Être
infini, être suprême Jète
tes regards paternels Sur
les français digne de toi-même Conduis
nos bataillons vengeurs Car
l’ennemi est un fantôme Bénis
ce glaive destructeur Venge
partout les droits de l’homme
[17] ».
[1] DUBOSC Pierre, Quatre mois de République à Marseille, Marseille, Imprimeries Senès, 1848, p. 57 à 61. [2] 1 M 595, Extrait de la proclamation distribuée à Arles pendant les élections présidentielles de décembre 1848 et rédigée par le comité directeur de la Société Electorale Démocratique d’Arles. [3] Encyclopédie des Bouches-du-Rhône (Par Raoul Busquet & Joseph Fournier, sous la direction de Paul Mason) : Tome V, Vie politique et administrative, (Marseille, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 1929), p. 171-172. [4] Ibid 26, p. 172-173. [5] 1 M 597, Rapport de la Commission mixte des Bouches-du-Rhône, le 5 mars 1852. [6] 1 M 594, Sous-préfet d’Aix au préfet des Bouches-du-Rhône, le 21 octobre 1850. [7] 1 M 594, Préfet des Bouches-du-Rhône au ministre de l’Intérieur, le 20 octobre 1850. [8] 1 M 594, Préfet des Bouches-du-Rhône au ministre de l’Intérieur, le 26 octobre 1850. [9] 1 M 594, Préfet des Bouches-du-Rhône aux préfets du Rhône, du Vaucluse, du Gard et de l’Hérault, au sous-préfet de Toulon et au général Castellane, le 26 octobre 1850. [10] 1 M 594, Préfet des Bouches-du-Rhône au préfet du Rhône, le 9 décembre 1850. [11] 1 M 594, Préfet des Bouches-du-Rhône au procureur général, le 29 octobre 1850. [12] 1 M 594, Préfet des Bouches-du-Rhône au sous-préfet d’Arles, le 19 décembre 1850. [13] 1 M 594, Préfet des Bouches-du-Rhône au préfet du Rhône, le 13 janvier 1851. [14] 1 M 603, Préfet des Bouches-du-Rhône au maire de Marseille, le 25 avril 1851. [15] 1 M 594, Renseignements sur les Bouches-du-Rhône recueillis par l’information du complot du Midi à Lyon, mai 1851. [16]
ALLARD Paul, "La seconde République à Arles ou Arles d’une révolution
à l’autre", Les amis du vieil Istres, Bulletin n° 21, p. 81. [17]
304 U 67, Chanson séditieuse saisie et chantée le 24
novembre 1851 dans le café de la veuve Doreille à Tarascon, par une
trentaine d’individus. |
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Association 1851 pour la mémoire des Résistances républicaines |