LA RÉSISTANCE RÉPUBLICAINE AU COUP D’ÉTAT DU 2 DÉCEMBRE 1851 EN AVEYRONMémoire de maîtrise présenté par GRÉGORY POUGET sous la direction de JEAN-CLAUDE SANGOÏ et JEAN RIVES septembre 2002 Troisième partie : Mesures et interprétations des journées de décembre 1851 en AveyronChapitre
X : L’analyse sociologique et géographique du mouvement
Aucun
document ne permet d’identifier les centaines de personnes impliquées qui ont
été un temps inquiétées, menacées d’être interpellées et qui finalement
ne l’ont pas été. Par
contre des renseignements assez précis existent sur les 156 condamnés par la
Commission Mixte. Ils proviennent de l’état des condamnations dressé pour le
gouvernement impérial par le préfet de l’Aveyron en 1852 et de l’enquête
lancée en 1881 par le gouvernement républicain, au cours de laquelle
l’administration dresse un état récapitulatif des condamnés de 1851 et de
la loi de sûreté générale de 1858. Ces
documents donnent suffisamment d’informations : âge, profession, lieu de
naissance, situation matrimoniale, nombre d’enfants, domicile, nature de la
condamnation, antécédents judiciaires et observations diverses, pour permettre
une tentative d’étude sociologique[1]. La
répression frappe principalement les démocrates les plus influents. Les
personnes arrêtées et condamnées par la Commission Mixte sont celles qui sont
jugées les plus dangereuses. Les observations et avis formulés par celle-ci
sur ces hommes sont de caractère individuel : « dangereux pour
l’ordre [2]», « socialiste effréné [3]»,
« anarchiste [4]»,
« démagogue ardent [5]»
ou « propagandiste actif [6]» ;
ou collectif : « bande de partageux [7]»
et « bande de pillards [8]».
Leur discours est qualifié de « nouvelle excitation à la guerre civile [9] ». Parmi
eux, se trouvent principalement les acteurs des incidents de décembre et en
premier lieu ceux que l’autorité considère comme leurs chefs et qu’elle
qualifie de « meneurs au caractère résolu [10]»
ou « d’organisateurs de l’insurrection [11]»
et de « chef des colonnes d’insurgés [12] ». Il
y a également une minorité qui n’a pas pris part aux évènements.
Cependant, comme elle est connue pour son opinion, l’autorité profite des
circonstances et des dispositions exceptionnelles qui lui sont attribuées pour
la neutraliser.
A
- Le profil sociologique des
condamnés : Etat
civil :
-
sexe : Parmi
les cent soixante quatre[13]
personnes condamnées en Aveyron il y a quatre femmes. Celles-ci sont déférées
devant le tribunal correctionnel et ne sont pas condamnées pour faits
insurrectionnels. L’engagement politique féminin est extrêmement rare au
XIXe siècle surtout dans un département fortement rural comme l’Aveyron. -
âge : La
pyramide des âges des condamnés s’échelonne de 19 à 79 ans.
Tableau
n° 14 : Répartition par âges des condamnés.
1/3
des condamnés a moins de 30 ans. Les 2/3 ont moins de 40 ans. Le mouvement
semble être ici dominé par les jeunes, mais près de 55% ont entre 31 et 50
ans. La résistance n’est donc pas le seul fait des jeunes même si ceux-ci y
occupent une part importante. L’émancipation politique en province est plus
tardive qu’à Paris. Tous
les condamnés ont connu la Révolution de 1848 et la majeure partie celle de
1830. Plus
de 13% d’entre eux ont connu l’Empire et deux ont connu la Révolution de
1789 et la Première République. L’âge
des inculpés reflète les trois générations de républicains depuis 1789.
Louis Oustry est l’exemple de cette génération de jeunes gens qui ont eu
vingt ans en 1848 ; « une génération qui [s’est] abandonnée à
tous les rêves démocratiques et humanitaires et qui [a dû] se jeter, par réaction,
dans un positivisme étroit, découragé et désenchanté [14]».
François Mazenc et Louis Bouloumié appartiennent à la classe de trente-cinq
ans, largement majoritaire dans le mouvement de décembre. Appelés « républicains
de la veille » en 1848, ces hommes ont contestés sans répits les idées
napoléoniennes et légitimistes. Enfin Joseph Antoine Durand de Gros symbolise
cette fraction des vieux républicains farouches et intransigeants, ces vieilles
barbes de la République que rien ne pouvait faire changer d’avis ». -
situation familiale : Il
y a 53 célibataires soit 32,3 %, 105 mariés soit 64 % et 6 veufs soit 3,7 %.On
observe une partition parmi les personnes condamnées : 2/3 sont ou ont été
mariés, 1/3 sont célibataires. Cette proportion est comparable au nombre de jeunes qui représentent 1/3 des
condamnés. Tableau n° 15 : Nombre d’enfants par condamnés
Les
45,1 % sans enfant se justifient principalement par la présence des célibataires
qui représentent plus de 33 % des condamnés. En effet, parmi les mariés et
les veufs seuls 19% n’ont pas d’enfant. Tableau n° 16 : Nombre d’enfants parmi les condamnés mariés ou veufs
Peu
de condamnés ont à leur charge une famille très nombreuse : 14,1 %[15]
ont 4 enfants ou plus (mais cela représente 20,71 % des mariés et veufs). Une
bonne partie d’entre eux : 39,62 % ont 1, 2 ou 3 enfants (61,25 % des
mariés et veufs)[16]. Compte
tenu de la moyenne d’âge des condamnés, il n’apparaît pas que le nombre
d’enfants de chaque ménage soit très important. Les démocrates les plus
ardents et les plus influents semblent donc ne pas se recruter parmi les plus défavorisés.
Antécédents
judiciaires : 34
des condamnés (soit 20,73 %) ont des antécédents judiciaires. Ils ont été
condamnés à des peines d’amende ou d’emprisonnement pour des motifs
divers. Cela
peut être de simples condamnations : deux qui ont été condamnés pour
vols, un pour fraude au règlement (un cabaretier : à 5 reprises !).
Cela peut aussi être pour des affaires criminelles ou de mœurs : l’un
est suspecté d’avoir assassiné un homme, l’autre d’avoir commis un viol ;
mais tous deux sont acquittés faute de preuves. Mais
la très grande majorité des condamnations semble être d’origine politique :
« excès, rébellion, outrages à magistrat, à témoin ou à
fonctionnaire (gendarmerie, garde champêtre), diffamation, menaces [17]» …
mais aussi pour « coups et blessures [18]».
Il y a aussi les cinq condamnations pour « ouverture d’un club »,
ou la condamnation pour vente de l’Almanach Populaire. Il n’est pas
rare qu’il y ait des récidives. Certains ont été
poursuivis mais n’ont pas été condamnés, tel Durand de Gros, poursuivi pour
« apologie de faits qualifiés de crimes [19]»,
le coutelier Antoine Corchand déféré en Cour d’Assises pour « exposition
d’emblèmes séditieux et outrages publics à la religion catholique [20]» ;
Oustry, pour délit
de presse ; ou encore Caussanel inculpé dans le complot de Lyon .
Tous ont été acquittés. La
Commission Mixte semble avoir tenu compte des affaires du passé. C’est
parmi ceux qui ont des antécédents judiciaires que se trouvent les peines les
plus lourdes. La plupart ont été condamnés à la Transportation. Cette peine
se retrouve pour 26 d’entre eux soit dans 76 % des cas. Les autres
condamnations sont : 3 peines d’expulsion ou d’éloignement, 2 peines
d’internement, mais seulement 2 condamnations à la surveillance. Ceux
qui ont été les plus actifs lors des évènements de décembre comme
auparavant sont donc les plus lourdement condamnés. Répartition
socioprofessionnelle : Tableau n° 17 : Répartition par catégories et activités des condamnés
Professionnellement,
ce sont les représentants du milieu populaire des secteurs industriels et
artisanal (l’ensemble des cabaretiers, boutiquiers, artisans du vêtement,
du bois, etc.) qui représentent le plus fort pourcentage d’arrêtés soit
plus de 56 %. Ce sont ensuite les membres des classes supérieures et moyennes
(rentiers, professions libérales, fonctionnaires) soit plus de 25 %, puis vient
le secteur agricole qui totalise un peu moins de 13 % ; et enfin, près de 6
% de professions diverses[21]. -
cultivateurs : Parmi
les 164 condamnés, 19 sont portés avec la mention « cultivateurs [22]».
Ce terme est relativement imprécis et peut recouvrir d’énormes disparités.
Il peut s’appliquer aussi bien au grand propriétaire foncier qu’au petit
paysan qui ne possède qu’une seule parcelle. Or qu’y a t’il de commun
entre Durand de Gros, propriétaire de plus de 300 hectares, et un pauvre
exploitant qui doit se louer comme métayer ou comme fermier mais qui possède
quelques arpents de terre ? Peu de chose. Pourtant tous deux se retrouvent
sous cette même dénomination. Au
moment du coup d’Etat, l’agriculture française est en crise. Les produits
agricoles ont un taux très bas. Une succession de bonnes récoltes entraîne un
« affaiblissement très sensible du profit agricole [23] ».
Cette situation provoque une baisse importante du prix de la terre. Les
conditions de vie des paysans deviennent de plus en plus difficiles. Un des
signes les plus révélateur des difficultés auxquelles les paysans se trouvent
confrontés est le « nombre très élevé […] des saisies et des ventes
par expropriation forcée [24] »
effectuées aux dépends de débiteurs devenus insolvables. Or, il n’est de
pire malheur pour eux que de voir saisir leurs terres. En maints endroits et à
diverses époques les communautés rurales se sont soulevées pour la défense
de droits considérés comme acquis, surtout en période de crise. Or, en
Aveyron, les paysans qui sont les principales victimes de cette crise ne
figurent que fort peu nombreux parmi les condamnés. De plus, on retrouve derrière
l’appellation de « cultivateur » bon nombre de riches propriétaires
et bien peu de simples paysans. L’imprécision des termes employés amène à
nuancer une vision trop tranchée. Toutefois,
alors qu’ils représentent une part très importante de la population, les
« cultivateurs » sont très nettement minoritaire parmi les insurgés
condamnés. Cette faiblesse de la « représentation paysanne [25] »
dans ce mouvement est à relever. En Aveyron, comme dans bon nombre de départements
ruraux, elle témoigne de la difficulté qu’ont eu les démocrates à détourner
le monde des campagnes de la « pression traditionnelle des notables et
[…] du « fétiche napoléonien [26] ».
La propagande menée par les démocrates socialistes à partir de 1849 - qui se
démarque visiblement des républicains au pouvoir – n’a pas eu le temps nécessaire
pour se concrétiser suffisamment dans les campagnes. Les
paysans riches et les chefs d’exploitations sont plus nombreux dans le
mouvement que les simples paysans. La crise semble les affecter plus durement
que leurs ouvriers agricoles, qui eux « tirent profit du bas prix des denrées
alimentaires ainsi que du gonflement de l’emploi par les bonnes récoltes [27] ». -
artisans, ouvriers de l’artisanat et commerçants : En
Aveyron, il existe deux bassins industriels importants : ceux de
Decazeville et d’Aubin. Or dans ces deux lieux il n’y a pas eu d’action de
résistance au coup d’Etat. Les
maîtres artisans et leurs ouvriers constituent la majorité des travailleurs
manuels non agricoles. Parmi
les 164 condamnés, 92 appartiennent au milieu populaire des secteurs
industriels et artisanal, soit près de 56%. Ils forment donc le gros des forces
démocrates qui a résisté au coup d’Etat. Ces artisans, dans leurs échoppes
ouvertes au public, peuvent discuter pendant leur travail avec leurs clients ou
employés. Ils sont majoritaires dans le mouvement et leur nombre dépasse très
nettement leur proportion dans la population aveyronnaise. Ils sont également
« proportionnellement supérieurs à la moyenne globale du total des
individus arrêtés ou poursuivis qui est de 48% pour ce milieu social [28] ».
Dans
cette catégorie sont rassemblées des situations fort différentes. Elle
regroupe en effet des patrons d’ateliers employant plusieurs ouvriers, 4 ou 5
voire plus, et de simples ouvriers. Une autre disparité est à souligner, la
manière dont ils sont perçus par l’autorité. Si un chef d’atelier peut être
considéré comme « particulièrement dangereux [29]»
car sa position lui donne une influence sur ses ouvriers, un simple ouvrier peu
être jugé également « dangereux » car il connaît bien les
aspirations de ses pairs. Un
grand nombre des corps de métiers de l’artisanat sont représentés. On
retrouve des maçons, des menuisiers, des tonneliers mais aussi des orfèvres ou
des horlogers. Le bois, les travaux spécialisés (du cuir et des couteaux) et
le secteur du vêtement et de la chaussure fournissent les effectifs les plus
importants avec respectivement 16, 15 et 13 individus. Un
autre corps important est celui des « métiers d’art », fortement
représenté par 3 typographes, 3 horlogers et 2 bijoutiers. La aussi, il y a
une proportion supérieure à la moyenne de ce secteur d’activité. Les
dossiers individuels de demande d’indemnité qui ont été conservés donnent
des informations importantes. Ils permettent ainsi de voir ceux qui sont propriétaires
d’une boutique et ceux qui ne le sont pas[30].
Ils font également apparaître la distinction importante entre patron et
ouvrier. Si peu possèdent une boutique (attestée seulement pour certains des
cordonniers, un forgeron …) nombreux sont des artisans indépendants (exerçant
leur métier dans un local loué ou directement chez le client) ou des ouvriers.
Certains travaillent seuls ou avec l’aide de leur femme, d’autres ont du
personnel. Certains sont chefs d’ateliers (tel Ignace Lakowski à Villefranche),
d’autres ne sont que de simples ouvriers (tels Louis Fuzier, ou Pierre Aimé
Guy, tous deux ouvriers gantiers, ou Auguste Lauret, ouvrier tanneur), voire des
jeunes en apprentissage (tel Maurice Cousy, serrurier mécanicien). La
plupart d’entre eux connaissent des difficultés financières. Les
commerçants au nombre de 14, sont 4 marchands (1 boulanger, 1 épicier et 2
cuisiniers) et 10 aubergistes. Cette appellation d’aubergiste englobe les
cafetiers, les limonadiers et les aubergistes. Cette catégorie
socioprofessionnelle est très mal vue par la l’autorité qui estime que leurs
établissements servent de lieux de réunion aux républicains. Ils sont de ce
fait soumis à une surveillance constante. Mais, l’autorité n’hésite pas
à faire appel à eux pour obtenir des renseignements. Ainsi pour s’informer
sur les évènements de décembre, de nombreux aubergistes vont être convoqués
comme témoins. -
professions libérales, haut commerce, fonctionnaires et intellectuels : Les
membres de ces diverses catégories sont au nombre de 41, ce qui correspond à
25 % des condamnés. Ils y sont en plus forte proportion que dans la population. C’est
le groupe socioprofessionnel le plus varié. Les
fonctionnaires sont au nombre de 8. Parmi eux 2 experts géomètres, 1 ex
huissier des contributions indirectes, 2 ex agent voyer. A cause de leurs
opinions politiques, certains ont été révoqués avant le coup d’Etat, les
autres le sont au moment de la répression. Il
y a des anciens militaires, sous officier ou officier (comme Victor Claude),
mais tous ne figurent pas dans le tableau dans cette catégorie car ils exercent
une autre activité. L’enseignement
est également présent : 1 instituteur, 1 professeur et 1 étudiant. Le
pouvoir considère les enseignants comme particulièrement dangereux par
l’influence qu’ils peuvent avoir sur leurs élèves. Certains sont condamnés
sans avoir participé à la résistance au coup d’Etat. Chancelle, professeur
de rhétorique au collège de Rodez, est envoyé professeur de 6e en
Algérie. Bonald, professeur à Ste Eulalie, est expulsé pour « outrages
au Prince Président[31] » et car son
influence est jugée « extrêmement négative sur ses élèves [32] ».
Il semble donc que l’attachement des instituteurs aux idées républicaines ne
date pas seulement de la IIIe République, et que certains ont bien suivi les
conseils d’Hippolyte Carnot, Ministre de l’Instruction en 1848, qui les a
invités à devenir des propagandistes des idées républicaines. Un
quart des membres de ce groupe fait partie des professions libérales. Parmi eux
une bonne partie sont des hommes de loi, tel les avocats Bouloumié et Labarthe,
ou Auguste Fabre, Président du tribunal de Rodez, mais aussi des huissiers[33]
ou des notaires. Les
professions littéraires et artistiques sont représentées par 1 journaliste et
1 libraire. D’autres professions libérales sont celles des activités de la
santé : 3 médecins et 2 pharmaciens. Ces professions libérales représentent
la petite bourgeoisie influente dans les petites villes, plus par la valeur
intellectuelle et les connaissances que par le prestige de la fortune. Enfin,
s’y ajoutent les rentiers (9) et les chargés d’affaires dans le haut
commerce (10) sur lesquels il n’y a que très peu d’informations. Parmi
les condamnés on ne trouve aucun homme d’Eglise. En Aveyron comme dans le
reste de la France, l’Eglise s’est rangée du côté de l’autorité en
place et soutient Louis Napoléon Bonaparte qui représente pour elle le rempart
de l’ordre. Il
apparaît donc au terme de cette analyse que la catégorie sociale la plus représentée
parmi les condamnés est celle du monde des artisans et des commerçants. La
petite et moyenne bourgeoisie urbaine, qui peut être désignée sous le terme
de « couches nouvelles » est également bien représentée. Sous la
Seconde République comme ensuite sous la Troisième République, c’est cette
dernière catégorie qui fournit les principaux cadres du parti républicain,
alors que les artisans et commerçants en fournissent la masse. Si
la répression s’est attaquée aux cadres, elle a également pris pour cible
les élus républicains. Parmi les condamnés on compte trois maires et trois
adjoints, mais aussi un ex-commissaire
du gouvernement. Ces élus sont poursuivis pour leurs actions. Tel est le cas
d’Audouard, d’Azémar et Magne, respectivement maires de Réquista,
Sainte-Juliette et Sauveterre, qui sont condamnés et révoqués pour leur acte
de résistance lors du coup d’Etat. 13 autres vont être révoqués sans avoir
participé aux évènements de décembre, car le pouvoir ne les juge pas sûrs.
Ces maires sont dangereux pour le pouvoir par l’influence qu’ils peuvent
avoir sur leurs électeurs. Magne de Sauveterre en est l’exemple type, lui qui
malgré son âge avancé et ses rhumatismes, a pris place au côté de son
adjoint Caussanel[34]
à la tête de la colonne partie de Sauveterre. Le pouvoir totalitaire qui se
met en place ne veut que des agents d’exécution dociles s’ils ne sont dévoués.
Il révoque et condamne ceux qui lui sont hostiles[35].
Cette
répartition sociale des condamnés s’explique par la volonté des autorités
de frapper les opposants les plus en vue. Le nombre de personnes relâchées,
qui est extrêmement faible, semble confirmer cette volonté de s’en prendre
aux éléments reconnus comme influents. [1] Arch. dép. Aveyron : tableaux insérés dans l’annexe n° 27. [2] Arch. dép. Aveyron : 4 M 1 – 17 et 18 : « Etat nominatif des détenus signalés par la Commission Mixte au ministre » et « Avis de la commission ». [3]
Ibid. [4]
Ibid. [5]
Ibid. [6]
Ibid. [7]
Ibid. [8]
Ibid. [9]
Arch. dép. Aveyron : 4 M 1- 16 (1) : Notices individuelles des prévenus de
Millau faîte à Millau le 28 janvier 1852 par le Procureur de la République
et envoyée aux services de la préfecture. [10] Arch. dép. Aveyron : 4 M 1 – 17 et 18 : « Etat nominatif des détenus signalés par la Commission Mixte au ministre » et « Avis de la commission ». [11] Ibid. [12]
Ibid. [13]
Arch. nat. : BB 30 424 (Registre). [14] Cosson J.M., La trilogie Durand de Gros : apôtres de la science et martyrs de la liberté, Rémy&Canitrot 1993, 288p. Citation p 79. Il cite alors l’ouvrage de J.A.Durand de Gros « Questions de philosophie morale et sociale ». [15]
Terret J.Y., op cit, p 30. Dans
le Lot la situation est analogue avec un chiffre de 16,4%. [16]
Ibid., p 30. L’échelle «du
nombre d’enfants » s’élève dans ce département jusqu’à
6. Si il y a similitude pour les familles nombreuses, un chiffre plus
important est constaté pour les familles de 1, 2 ou 3 enfants : 51,6%
contre 36% en Aveyron. Il est vrai que les célibataires y sont moins
nombreux qu’en Aveyron : 21,95% contre 33,3%. [17] Arch. dép. Aveyron : 4 M 1 – 17 et 18 : « Etat nominatif des détenus signalés par la Commission Mixte au ministre » et « Avis de la Commission ». [18]
Ibid. [19]
Ibid. [20]
Ibid. [21]
Vandeplas B., Des républicains villefranchois contre le bonapartisme fétiche
(1851-1853), op.cit, p 375. « Professionnellement, ce sont
les artisans et commerçants qui représentent le plus fort pourcentage
d’arrêtés soit 56%, puis loin derrière les journaliers agricoles 16%,
les fonctionnaires et enfin les professions libérales ». Les chiffres
sont a peu de chose près identiques. [22]
Sous ce vocable sont rassemblés grands propriétaires ou journaliers,
jardiniers ou vignerons … [23]
Vigier P., La Seconde République, Paris, PUF, p 93. [24]
Ibid., op. cit., p 94. [25]
Vandeplas B., op.cit., p 375. [26]
Ibid.,
op.cit., p 375. [27]
Vigier P., La Seconde République, p 95. [28]
Vandeplas B., op.cit., p 375. [29] Arch. dép. Aveyron : 4 M 1 – 17 et 18 : « Etat nominatif des détenus signalés par la Commission Mixte au ministre » et « Avis de la commission ». [30]
Cette mention se retrouve dans certains dossiers mais pas dans tous les cas.
[31] Arch. dép. Aveyron : 1 M (828). Dossier traité par le Tribunal Correctionnel d’Espalion. [32]
Ibid. [33]
Martin Caussanel dit Marty, cordonnier au moment des faits est un huissier révoqué.
L’avocat François Lacalm est lui un ancien notaire et un ancien
percepteur. L’imprimeur Casimir Moins est un percepteur révoqué. [34]
A cette date, Caussanel est suspendu de ses fonctions d’adjoint mais il
n’a pas été encore remplacé. [35]
Les républicains ne sont pas les seules victimes de ces mesures de révocation.
Lors des élections municipales de 1852 qui sont relativement satisfaisantes
pour le pouvoir, l’autorité doit révoquer un certain nombre d’élus
qui refusent de prêter serment. Les républicains sont révoqués
d’office. Certains notables légitimistes, non hostiles au pouvoir en
place, mais qui refusent de prêter serment, sont également révoqués. [36]
Arch. dép. Aveyron : 4 M1-18 (6) 830. [37]
Arch. nat. : BB 30 424 (Registre). Maurice
Agulhon écrit dans son ouvrage 1848 ou l’apprentissage de la République
1848-1852, p 258 : « [...] ces 26884 individus arrêtés
ou poursuivis à l’occasion (sic) de l’insurrection constituent moins
une liste d’insurgés effectifs qu’une liste de démocrates socialistes
présumés actifs […]. On pourrait presque dire, à la limite, qu’il y a
plutôt une statistique des cadres et militants du « parti républicain » .
En Aveyron, les individus arrêtés constituent effectivement « l’élite
républicaine » du département, et particulièrement celle des
« centres urbains ». |
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Association 1851 pour la mémoire des Résistances républicaines |