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texte publié dans le Bulletin n°23, avril 2003 Albert Miane, aujourd’hui disparu, a publié dans Chroniques de Haute Provence, Bulletin de la Société Scientifique et Littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, 339, 1999, cet article d’hommage à son aïeul Joseph Latil. Nous le proposons à nos lecteurs avec l’aimable autorisation de son fils Robert Miane et de la Société Scientifique et Littéraire, que nous remercions. Un
drame balzacien en Haute Provence, Joseph Latil, proscrit du 2 décembre 1851 à
Digne, ou les tribulations d'un républicain, magistrat sous trois royautés et
entre deux empires L'année
1990 aura été aussi celle du bicentenaire de la naissance le 1er juin 1790 à
Manosque (Basses-Alpes) d'Honoré Joseph Latil, fils de Joseph Latil notaire et
de Marie-Magdeleine Filhol, aîné de cinq enfants et descendant d'une vieille
famille provençale[1]. Étudiant
imprégné des idées généreuses de 1789, il avait obtenu le titre de licencié
en droit à Aix-en-Provence en 1812, puis avait été admis au stage d'avocat.
En effet il se sentait attiré par la carrière judiciaire, devenue plus humaine
depuis l'abolition de la “question” et des “supplices”. Le
20 mars 1815 il était nommé sous-chef de bureau à la Secrétairerie d’État
et le demeurera jusqu'au 1er juillet 1815, c'est-à-dire pendant les Cent jours. Sous
le règne de Louis XVIII en avril 1816, il était enfin nommé substitut du
procureur du Roi au tribunal de Forcalquier et promu trois ans plus tard
procureur du Roi au tribunal d'Orange, poste de confiance pour un jeune
magistrat en raison des réactions de 1815. Mais après quatre ans de service
une ordonnance spéciale du 26 février 1823 (Ministère Peyronnet) prononçait
sa révocation pour cause politique : “sa persistance dans le respect des
principes constitutionnels, son refus d’appuyer un système et des élections
rétrogrades” avaient entraîné cette destitution par les “causans et
autres ultras” qui l'accusèrent d'être lié avec des ennemis du
gouvernement, notamment une personne influente passant pour être chef d'une
“vente”[2],
ce qui l'avait fait noter comme politiquement dangereux. Cinq
ans après, par lettre du 21 mai 1828 au garde des sceaux, le procureur général
près la Cour d'appel de “Nismes” le tenant malgré tout “homme
d'honneur”, ne s'opposait pas à son rappel dans l'ordre judiciaire, et ce à
l'initiative de députés constitutionnels, afin de réparer l'injustice de sa révocation. Sous
le règne de Charles X, le 14 décembre 1828 une ordonnance le nommait juge à
Sisteron, puis le 8 juillet 1829 (Ministère Martignac) procureur du Roi à
Castellane. C'est
le 28 mai 1833 sous le règne de Louis-Philippe qu'il était promu vice-président
du tribunal de Digne, poste où il devait passer de longues années sans
avancement. Il y présida la chambre correctionnelle et des appels, à
l'exception des audiences du 28 février 1845 et 30 avril 1847 où il s'agissait
“d'affaires politiques pour lesquelles le préfet voulait imposer une décision
à l'indépendance du juge”. Cependant
ces fonctions sédentaires ne pouvaient suffire à cet homme, porté à l'action
sociale. 1
- Depuis la Loi du 19 avril 1831 sur l'organisation des conseils généraux, il
avait été désigné par trois élections successives conseiller général du département
par le canton le plus populeux, celui de Manosque, souvent en lutte contre les
préfets. Dans une “Profession de foi” du 16 février 1839 il avait
stigmatisé notamment la conduite rétrograde de la Révolution de juillet. Il
n'échappa à une action disciplinaire que parce qu'il n'avait pas fait suivre
sa signature de sa qualité de vice-président. À
la révolution de février 1848, il crut son rêve enfin réalisé et rien ne
peut mieux préciser ses idées que sa “Profession de foi” du 30 mars 1848
en vue des élections à la représentation nationale, hélas restées sans
lendemain. Il y soulignait notamment “sa lutte constante au conseil général
contre les dépenses sans but utile, qui surchargeaient les contribuables, et
pour que le département ne soit imposé qu'à l'égal des autres... que la
Liberté marche avec l'ordre public, l'Égalité avec le respect des personnes
et des propriétés, la Fraternité avec le désir de soulager les
malheureux”. 2
- D'autre part il avait obtenu par une Ordonnance royale de Louis-Philippe du 12
décembre 1837 l'autorisation de fonder la “Compagnie Latil” avant pour but
la réalisation d'un canal, dit “de la Brillanne”, pour irriguer les
campagnes d'Oraison jusqu'à Corbières. Cette société à but non lucratif fut
constituée avec son frère Jean, notaire à Manosque (avec apport pour la part
personnelle de Joseph Latil de deux moulins à farine, situés à Sainte-Tulle,
biens familiaux) et les trois frères Dherbes, propriétaires fonciers,
apporteurs de fonds privés. Cet ouvrage d'une grande utilité pour l'époque,
exécuté sur les plans de l'ingénieur Lieutaud, fonctionne toujours, rendant
possible l'arrosage de 3000 hectares[3]. Il a été doublé après
la seconde guerre mondiale par le canal de Provence vingt fois plus important, réalisé
avec des fonds publics, qui régularise les eaux de la Durance et du Verdon amenées
jusqu'à la Crau. Il irrigue au passage plus de 60000 hectares, fournit de l'énergie
électrique par la centrale de Beaumont et alimente en eau de bonne qualité les
villes de Marseille, Toulon, Aix et leurs environs. Il
est compréhensible que toutes ces activités extrajudiciaires aient suscité
jalousie et médisances dans les milieux “bien pensants” de l'époque, en
ces confins de la Haute Provence. On était allé jusqu'à lui reprocher de se
commettre au café ou sur la place publique “mettant habit bas” l'été pour
jouer aux boules avec des gens quelconques (notamment l'herboriste et un employé
communal). C'est
pourquoi sous le gouvernement provisoire de 1848, le ministre de la justice, M.
Adolphe Crémieux (du 24 février au 27 juin), dans une lettre du 10 mars, s'était
empressé de le recommander pour une promotion comme président de tribunal ou
conseiller de cour d'appel dans les termes chaleureux suivants : “M.
Latil, vice-président du tribunal de Digne, est particulièrement connu depuis
des années comme avant des opinions excellentes et ayant lutté courageusement
dans un pays difficile contre les exigences des congrégations et de la main
morte. Je crois que le gouvernement se fortifierait en donnant à ce magistrat
un avancement mérité qui prouve aux populations que les services courageux de
l'intéressé ne restent pas sans récompense, quand, par un bonheur inespéré
la cause à laquelle ils étaient dévoués triomphe”. Mais
la courte existence de ce gouvernement républicain ne permit pas ladite réparation.
C'en était trop pour M. Latil qui avait passé dix-sept longs hivers au même
poste dans un climat hostile, surtout depuis l'arrivée le 14 septembre 1849 du
nouveau procureur, de 20 ans plus jeune que lui, M. Eugène Prestat venu spécialement
de Paris, pour faire preuve de la plus grande fermeté à l'encontre des sociétés
secrètes (la Nouvelle Montagne) et des “démagogues”. Aussi en vint-il par
lettre du 14 décembre 1850 à solliciter le poste vacant de conseiller à la
cour d'appel d'Alger, pour raison de santé (il avait perdu deux enfants en bas
âge), ultime requête non suivie d'effet. La
résistance À
Digne les milieux officiels se partageaient alors entre royalistes et
bonapartistes, cependant les populations locales étaient en majorité républicaines
puisque aux élections générales du 13 mai 1849 les démocrates dits
“rouges” eurent deux élus sur trois dans les Basses-Alpes, quatre sur sept
dans le Var, et des minorités importantes dans les Bouches-du-Rhône et le
Vaucluse. Alors que dans l'ensemble du pays le neveu de l'Empereur avait été
élu à la présidence le 10 mai 1848 par 75 % des voix des électeurs, les
Basses-Alpes ne lui accordèrent que 59 %, le Vaucluse 52 %, le Var et les
Bouches-du-Rhône furent franchement hostiles avec seulement 25 et 23 % et il y
avait été devancé par Cavaignac et suivi de peu par Ledru-Rollin. Aussi
le Prince-Président y prépara-t-il plus spécialement son coup d'État (la
constitution interdisait alors un deuxième mandat) par une valse des préfets
et des procureurs. Dans les Bouches-du-Rhône, après le commissaire
extraordinaire de 1848 Emile Ollivier, Arsène Peauger de 1848 à 1849 et Elysée
de Suleau de 1848 à 1853. Dans les Basses-Alpes après le commissaire
Chateauneuf, David de Thiais le 18 juin 1848, Touret le 24 janvier 1849, le
baron Jeanin le 20 juillet 1849, des Aubiers le 11 mai 1850, Rabiers du Villard
le 15 septembre 1851, Dunoyer le 26 septembre 1851. On
connaît les événements qui devaient secouer la Provence au lendemain du 2 décembre
1851 (jour anniversaire du sacre de Napoléon Ier)[4]. Dans
les Basses-Alpes cette jacquerie de paysans et d'artisans armés de fusils de
chasse, armes blanches, etc., fut estimée à dix mille hommes au total par le général
Lemaire, commandant l'état de siège institué le 9 décembre. La préfecture
de Digne fut la seule à être occupée plusieurs jours à partir du 6 décembre.
Les colonnes d'insurgés, (qui réclamaient entre autre l’abolition des impôts
sur le sel et l'alcool), convergeaient au chant de La Marseillaise, la plupart vêtus de blouses bleues, de ceintures
rouges, la cocarde tricolore au chapeau. À
Digne, la garde nationale n'avait pu réunir que 420 requis, le plan du
procureur Prestat, le plus énergique des loyalistes avec le préfet Dunoyer, était
d'aller résister avec ces forces et les 35 gendarmes dans le fort de Seyne,
tenu par une compagnie. Il ne fut suivi, ni par le maire Fruchier, ni par le
commandant Chevalier. Finalement pour échapper aux colonnes républicaines, M.
le Procureur dut franchir les cols enneigés afin de rejoindre le Piémont, puis
Nice (États Sardes) et Marseille par voie de mer. Une
colonne d'environ trois mille insurgés barrant le défilé des Mées, dans la
neige et le froid glacial, arrêta l'avance des troupes régulières, qui se
replièrent sur Vinon. Tout était perdu fors l'honneur. Les grandes villes
n'avaient pas suivi le mouvement avec autant de courage que le député Baudin
tué sur une barricade le 3 décembre 1851 à Paris. Les révoltés se dispersèrent
alors sans plus tarder. Digne était reprise le 11 décembre par le bataillon de
Gap et le préfet Dunoyer qui s'était réfugié à Seyne réintégrait sa préfecture. Par
lettre du 5 février 1852 au ministère de la justice, le général Lemaire
recommandait tout spécialement M. Prestat pour la Légion d'honneur (déjà
obtenue par le maire et d'autres autorités), en récompense de son loyalisme et
sa connaissance des gens du pays. Un an après, il était promu procureur impérial
à Lille. La
répression Par
contre pour les insurgés, la répression allait être sévère. Le 6 mars 1852
la “Commission Mixte” des Basses-Alpes, où siégeaient le général
Lemaire, le préfet de Bouville et le procureur Prestat, prononça notamment
l'expulsion à la frontière de Joseph Latil, qualifié de “très dangereux”
pour avoir miné par sa conduite et ses discours l'autorité des agents du
gouvernement... Il avait entre autres, le 6 décembre, sollicité la délivrance
des cinq “socialistes” (dont l'avocat Cotte), arrêtés par le procureur sur
ordre du préfet) et refusé de prendre son fusil comme garde national pour empêcher
l'invasion de la cité par les “bandes insurgées” (avec lesquelles il ne
fut pas directement mêlé que ce soit en raison de son âge, 61 ans passés, ou
de son esprit d'indépendance). Dès
le 9 mars, le procureur général Dessolliers à Aix-en-Provence informait le
garde des sceaux des expulsions qui avaient frappé les magistrats
“inamovibles” Latil et Collomp (président du tribunal de Barcelonnette) et
Itard, notaire à Digne. Conduits “manu militari” à la frontière, ils
retrouvaient à Nice (État Sarde) d'autres exilés, entre autres du Chaffaut,
ex-secrétaire général de la préfecture, Sauve, avocat, Astoin, ex-sous-préfet
de Barcelonnette. Sur
les instances réitérées de son épouse, (restée à Digne avec ses deux
jeunes enfants et qui craignait le pire), Joseph Latil se résignait à faire
valoir ses droits à la retraite par lettre datée du 15 août 1852, hôtel
Salvi au port, “les malheurs éprouvés depuis six mois ayant affaibli sa santé”. À
Paris, le Prince-Président, une fois sa position suffisamment consolidée,
consentait à faire preuve de clémence en faveur des victimes de la répression.
Le 26 avril 1852 le conseiller d'État en mission Quentin Bauchard ordonnait la
mise en liberté de 419 Bas-Alpins, dont 415 condamnés à la déportation en
Algérie. D'autres mesures de grâce individuelles intervenaient par la suite.
C'est ainsi que la Direction des affaires criminelles et des grâces du ministère
de la justice accordait grâce entière, le 25 août 1852 à M. Latil, à la
suite de sa demande de mise à la retraite (qui en temps normal ne l'aurait
atteint qu'en 1860). Il
pouvait dès lors rentrer en territoire francais et allait se retirer dans la
vieille ferme isolée, dite “Le Logissoun” (datant de 1697) à Siagne,
commune d'Escragnolles (Alpes-Maritimes), appartenant à son épouse. (Celle-ci
née en 1809, fille du docteur Sainmartin époux Chiris, ancien maire de
Castellane qui habitait rue du Mitan, se souvenait d'y avoir vu passer, revenant
de l'Ile d'Elbe, Napoléon Ier et sa suite à cheval le 2 mars 1815, qu'elle
avait regardé à travers ses persiennes, comme la plupart des habitants). Joseph
Latil, loin des siens, devait y décéder prématurément le 25 septembre 1854. L'indemnisation Trente
ans plus tard dans sa générosité, la IIIe République, rétablie le 4
septembre 1870, après la défaite de Napoléon III à Sedan, allait accorder,
à compter du ler juillet 1881, des indemnités viagères aux victimes du coup
d'État du 2 décembre 1851. À
cet effet la Commission des Basses-Alpes réunie le 20 octobre 1881 sous la présidence
du préfet, classait les différents dossiers en cinq catégories : -
lère catégorie : transportés à Cayenne ou en Algérie, condamnés par
les conseils de guerre, membres des comités de résistance, veuves des citoyens
fusillés ainsi que de ceux qui sont morts en déportation ou en exil :
1200 f d'indemnités viagères annuelles (397 bénéficiaires). -
2ème catégorie : expulsés et fugitifs condamnés à la déportation : 1 000 f
(28 bénéficiaires). -
3ème catégorie : détenus sur les pontons et internés : 800 f (398 bénéficiaires). -
4ème catégorie : emprisonnés et soumis à la surveillance 400 f (216 bénéficiaires). -
5ème catégorie : emprisonnés sans être soumis ensuite à la surveillance 200
f (113 bénéficiaires). Ces
indemnités devaient être attribuées sans tenir compte de la situation de
fortune des intéressés, ni de leurs opinions politiques (soit pour les seules
Basses-Alpes un total de 1 206 bénéficiaires de pensions s'élevant à 931800
f), Mme veuve Latil, qui avait obtenu une indemnité de 1000 f, s'en désistait
en faveur de ses deux enfants qui recevaient chacun une indemnité de 300 f, par
décret du 16 octobre 1882. Sa fille Marie Camille Latil née à Digne en 1849,
veuve Miane, fut une des dernières à Marseille à percevoir jusqu'en 1934,
cette petite pension, devenue peau de chagrin après la guerre de 1914-1918. En
1984, à la requête de l'auteur de ces lignes, arrière petit-fils de Joseph
Latil, M. Bernard Chaussier, président du tribunal de grande instance de Digne
voulait bien faire accrocher dans la salle d'audience du premier étage du
Palais de justice, rénové sous sa présidence, un portrait du magistrat
proscrit. Cette réhabilitation symbolique posthume, fut appréciée des autorités
départementales lors de la rentrée solennelle du tribunal. Le 3 janvier 1985,
M. Bernard Chaussier était installé à Aix-en-Provence dans les fonctions de
conseiller à la cour d'appel, promotion envisagée, hélas sans suite, pour
Honoré Joseph Latil, sous le gouvernement républicain très provisoire de 1848[5]. Albert
MIANE [1]
Dans le Dictionnaire de la Noblesse
par Monsieur de la Chenaye Desboits, 2ème édition, t. VII1, Paris MDCCXX,
il est écrit que la famille Latil prouva ses titres depuis Louis de Latil
qui vécut au début du XVe siècle et fit donation dans l'église
paroissiale des Mées (Basses-Alpes). Un Henri fut commandeur de Puymoisson
et mourut Bailli de Manosque en 1655, Cette famille fut maintenue dans la
Noblesse le 28 février 1668. (Les armes d'azur à 6 losanges d'or). L'Abbé
Robert en fait mention dans son État
de la Noblesse de Provence (t. II p. 264). Un Jean-Baptiste, né à l'Ile
Saint-Honorat (Var) en 1761, mort à Gémenos en 1839 fut même Archevêque
de Reims en 1824, Cardinal et Pair de France. Un autre Latil dit Chatillon
(Auguste) “ex-noble ci-devant Capitaine en Neustrie. 35 ans, né à
Sisteron, domicilié à Lyon, y fut condamné à mort le 7 pluviose an II
par la Commission révolutionnaire comme contre-révolutionnaire”. [2]
Groupe de 20 membres armés d'un fusil et de 50 cartouches, association secrète
du genre carbonari. [3]
Dans Histoire de Manosque, l'Abbé
Féraud, (Digne, éd. Repos, 1848) écrit que depuis la grande crue de la
Durance de 1673 qui avait emporté les premiers ouvrages sur la rivière
Lauzon, le conseil municipal de Manosque avait toujours reculé devant les dépenses
à faire, malgré une lettre patente de Louis XII datant de 1511, autorisant
la dérivation d'un mètre cube seconde des eaux de la Durance à l'étiage,
pour l'arrosage du territoire de Manosque. Les États de Provence tentèrent
bien en 1777 cette reconstruction, mais les travaux furent abandonnés en
1790. Dans son rapport au Conseil général du 27 août 1839, le Préfet
Thiessé écrivait : « la Cie Latil a vaincu toutes les difficultés
que la nature du terrain, les nombreux ouvrages d'art et une opposition mal
entendue lui suscitaient. » [4]
Cf. notamment d'Henri Guillemin, Le
Coup d’État du 2 décembre 1851, Gallimard. 1951, p. 407, et d'Eugène
Tenot, La Province en décembre 1851,
Paris, 1868, éd. Le Chevalier. pp. 161-186, qui souligne le peu d'exactions
sanglantes commises au cours de ce vaste soulèvement bien contrôlé par
les chefs des comités de résistance des Basses-Alpes (à savoir MM.
Buisson. Cotte, Escoffier, Aillaud. Guiberti, Jourdan et Barneaud, cf.
Le Glaneur du 26 décembre 1851). Comme il est écrit dans Histoire
de la Provence de MM. Busquet, Bourrilly et Agulhon, dans notre province
« être le descendant d'un proscrit de 1851 est une qualité qui rend
fier ». [5]
Par lettre du 4 septembre 1978 le maire de Manosque M. Honde avait bien
voulu promettre que le portrait de Joseph Latil figurerait parmi ceux des
illustres après la restauration de l'Hôtel de ville ; une autre
reproduction photographique en couleurs de ce portrait au pastel, datant de
1816 se trouve aussi à la Mairie d'Escragnolles rénovée par M. Françis
Galliano, maire réélu. C'est en effet au cimetière de cette localité
(patrie du jeune général Mireur tué lors de la campagne d'Egypte de
Bonaparte et dont le nom est inscrit sous l'Arc de Triomphe) que Joseph
Latil fut inhumé, le 25 septembre 1854. Par la suite ses restes durent être
transportés dans le petit cimetière situé entre Malijai et Mallemoisson
(aux environs de la ferme de Tarelles qu'il avait achetée pour son fils
Auguste). Il y avait élevé un monument funéraire surmonté d'une pyramide
pointue et d'une étoile pour Joseph, son père, Hippolyte, son troisième
frère et sa première épouse, née Thérèse Vincent de Sainte-Tulle épousée
en 1830 et décédée sans enfants, tous trois victimes de l'épidémie de
choléra des années 1834-1835. Son propre nom n'a sans doute pu y être
rajouté en raison des circonstances. |
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Association 1851 pour la mémoire des Résistances républicaines |