Depuis longtemps, les habitants de nos villages sont désignés par leurs
voisins sous des sobriquets collectifs. Avec l’aide de Pierre Fanguin,
Codognanais, professeur d’histoire honoraire et membres des archives départementales,
durant quelques dimanche, nous allons présenter un des villages environnants.
Commençons par l’histoire de Codognan,
Li lapin de Coudougnan, et
Vergèze,
Li véri, qui sont liés.
Pour
Codognan, ce sobriquet date de 1851. C’était en décembre 1851. Louis-Napoléon
Bonaparte vient de faire un coup d’État pour s’emparer du pouvoir et bientôt
établir le Second Empire. A cette époque, les villageois de Codognan, comme la
plupart des habitants de la Vaunage, sont républicains et ont salué avec
satisfaction, trois ans auparavant, en 1848, la naissance
de la seconde République. Or le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte
porte un coup mortel à cette République.
Pour tenter de
s’opposer à ce coup de force, les habitants de tous les villages de la
Vaunage s’arment, qui de fusils de chasse, qui de bâtons ou de faux, et se
mettent en devoir de marcher sur Nîmes. Le rassemblement des paysans armés se
fait autour de Caveirac pour, de là, marcher sur le chef lieu. A Nîmes, le général
Rostolan, qui commande et obéit aux ordres de Louis-Napoléon Bonaparte, a
proclamé l’état de siège pour tout le département.
Ayant
rassemblé ses troupes, le général Rostolan entreprend de marcher sur Caveirac
pour disperser les paysans attroupés. C’est le 5 décembre 1851 que les
troupes avancent sur les insurgés. Le chroniqueur de l’époque raconte : «
Quand ils virent les soldats, ceux de Codognan s’enfuirent comme des lapins
des champs. » Leur agilité et leur rapidité dans la fuite leur permirent d’échapper
aux poursuites, comme le lapin des champs.
Contrairement
à leurs voisins vergézois qui, eux aussi, étaient venus. Mais moins rapides,
certains racontent qu’ils se firent prendre. D’où leur surnom, Li véri,
du nom de ces gros escargots que l’on trouve dans les jardins. Quant aux
Codognanais, d’autres racontent qu’en détalant, « on ne voyait que
leur cul blanc comme ceux des lapins des champs ». D’où l’autre
sobriquet, le lapin blanc de Codognan.