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pour commander ce livre : bon de commande Clandestinité et réseau républicain dans le Haut-Var. La société secrète montagnarde d'Artignosc (1849-1851) par Frédéric Négrel
quatrième partie :
La résistance au coup d’Etat
du 2 décembre 1851
|
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Activité |
Nombre
de résistants |
Proportion
dans la résistance |
|
cultivateurs |
38 |
69.09% |
|
dont
propriétaires >30ha |
5 |
9.09% |
|
dont
propriétaires de5 à 30 ha |
2 |
3.63% |
|
dont
propriétaires de1 à 5 ha |
18 |
32.72% |
|
dont
propriétaires <1ha |
2 |
3.63% |
|
dont
non-propriétaires |
11 |
20.00% |
|
ouvriers
agricoles |
- |
- |
|
artisans |
13 |
23.63% |
|
ouvriers |
2 |
3.63% |
|
employés
communaux |
1 |
1.96% |
|
instituteur |
- |
- |
|
commerçants |
1 |
1.96% |
|
ecclésiastique |
- |
- |
|
Total |
55 |
100% |
Cette
part des paysans est en général sous-évaluée par les historiens[67]
qui se basent sur les statistiques de la répression où effectivement les
petits bourgeois et les artisans apparaissent en proportion plus importante. Ce
qui s’explique aisément par le rôle d’encadrement dévolu à ces catégories
plus instruites et qui en a fait la cible privilégiée de la répression.
Quant
à l’âge des résistants, il n’est guère différent de ce que nous avons
vu précédemment pour la société secrète. Reprenons le tableau 1 et
adaptons-le à la résistance en fonction des corrections apportées ci-dessus :
Tableau 11 :
Ages des résistants d'Artignosc
|
âge
au 6/12/1851 |
nombre
de résistants |
proportion |
|
moins
de 20 ans |
1 |
1.72% |
|
de
20 à 24 ans |
7 |
12.06% |
|
de
25 à 29 ans |
12 |
20.68% |
|
de
30 à 34 ans |
15 |
25.86% |
|
de
35 à 39 ans |
4 |
6.89% |
|
de
40 à 44 ans |
8 |
13.79% |
|
de
45 à 49 ans |
7 |
12.06% |
|
50
ans et plus |
4 |
6.89% |
|
Total |
58 |
100% |
Lors
de l’enquête qui a suivi les événements, certains disent avoir été forcés
à marcher. Certes, cela peut répondre au souci de se disculper. Le maire,
d’ailleurs, en établissant la liste des membres de la colonne, indique qui
« a été forcé à marcher sur Aups ». Mais ces annotations
correspondent peu avec le degré d’engagement de certains : ainsi, son gendre,
Jean-Honoré Sappe, qui était chef de section de cette société et de la
colonne. Nous avons aussi des exemples d’Artignoscais qui ont refusé de
partir. Parmi ceux-ci, aucun membre de la société secrète, donc aucun Républicain
convaincu. La cohésion politique des Républicains artignoscais ne laisse
entrevoir aucune fissure. Pourquoi des réfractaires ? Parce qu’ils
n’ont pas cédé aux menaces ? Ou bien parce que celles-ci n’étaient pas
bien méchantes ?
« Les
citoyens sont tenus de lui [le Président de la République félon] refuser
obéissance » disait la Constitution. N’était-il pas normal pour
des résistants qui combattent pour le respect de la légalité de décréter
une mobilisation à laquelle les citoyens avaient pour devoir de participer ?
Cette mobilisation des hommes était somme toute aussi légitime que les réquisitions
d’armes, de vivres et de logements auxquelles on procéda à Régusse
et à Aups
.
La
mobilisation est d’ailleurs formalisée dans quelques communes environnantes.
A Montmeyan
, le maire[68]
proclame, dans la nuit du 7 au 8, la mobilisation des hommes de 18 à 50 ans. Il
doit ramener cet ordre de Salernes
, où il s’est rendu
en voiture dans la journée du dimanche 7. Il faut dire que Montmeyan n’avait
fait partir vers Salernes, le matin même, que 24 ou 26 jeunes gens, dont le
plus âgé a 30 ans, c’est la « colonne des jeunes »[69],
nom qu’on lui donne le lendemain lorsque, après la mobilisation, part la
« colonne des vieux », malgré l’intervention du juge de
paix du canton, l’artignoscais Jean-Baptiste Isidore Constans.
La
mobilisation des 18 à 50 ans se retrouve à Moissac
, le matin du lundi 8,
et le lendemain à Aups
.
La
colonne artignoscaise, en ce samedi 6, a donc plutôt la forme d’une
manifestation que d’une expédition militaire : pas d’arme, pas de tambour,
son encadrement est politique, ce sont les chefs de section de la société qui
la dirigent. Nous sommes bien loin du complot que dénonceront les conservateurs
après la répression, tel l’évêque de Gap qui pourfend les sociétés secrètes
« organisées dans l’ombre pour la guerre civile et le meurtre ».[70]
Cette
organisation ne se retrouve pas dans les colonnes des autres villages où
tambour et drapeau rouge précèdent des hommes armés, même si tous ne le sont
pas ou n’ont qu’un fusil sans cartouches, et où on a choisi les anciens
militaires, plutôt que les cadres des sociétés secrètes, pour commander : à
Baudinard
par exemple, c’est un simple affilié[71]
qui « commande l’exercice » en compagnie d’un chef de
section et ancien militaire[72];
et si le lundi, lors de la seconde marche, c’est le président[73]
qui commande la colonne, sabre au poing, il le fait en sa qualité d’officier
de la garde nationale.
La
particularité artignoscaise est certainement due au niveau d’organisation de
son parti républicain : la société secrète y est plus ancienne
qu’ailleurs, regroupe depuis plusieurs semaines, sinon plusieurs mois, la
quasi-totalité des Républicains de la commune, et elle s’est dotée de
cadres depuis presque un an, alors que dans la plupart des villages varois qui
l’entourent (sauf Barjols
) les sociétés ne se
sont vraiment structurées qu’au cours de l’automne 1851 : Les Salles
choisissent leurs chefs de section fin septembre, Baudinard
en novembre, Bauduen
le 30 novembre, Régusse
devant même en nommer cinq le samedi 6 décembre. La colonne
d’Artignosc a donc une organisation qui peut apparaître naturelle : celle du
parti.
Mais
au contact des autres colonnes, et au retour de César Jean de Salernes
, cette organisation va
être modifiée pour la seconde marche, le lundi 8. Cette fois-ci la plupart des
marcheurs sont armés, de fusils, simples ou doubles, ou de sabres, les chefs de
section ne sont plus seuls à commander, on leur adjoint Jules César Laurent
(qui retrouve la fonction qu’il a perdue au printemps) et, arrivé à Aups
, le commandement du détachement
artignoscais est confié à deux chefs de section en leur qualité d’anciens
militaires : Pons Dauphin et Jean-Pierre Bourges.
Durant
ces journées, où la République est à l’ordre du jour, les initiateurs
artignoscais vont faire de nouveaux adeptes.
En
cours de route, le samedi 6, on en profite pour baptiser Montagnards 4 personnes
qui n’étaient pas encore affiliées. Évidemment, la cérémonie est réduite
à sa plus simple expression : le serment de fidélité à la République,
de défense de la Constitution et de préservation du secret. Jean-Baptiste
Gailleul, dit Maouri, resté de garde à Artignosc avec César Jean, est reçu
le soir du lundi 8. Ces affiliations de dernière minute sont destinées à
renforcer la cohésion d’un mouvement où les baptisés forment la masse et à
s’assurer, par un serment sur la vie, l’engagement total des résistants.
Dans
d’autres villages, comme Montmeyan
, Aiguines
, Moissac
et Salernes
, des réceptions sont
faites avant le départ. A la société du Niveau, trois Baudinardais
sont reçus ce même jour. Mais, il reste encore des Républicains
à initier...
A
la jonction de la route menant de Baudinard
à Moissac
, les Artignoscais
attendent les résistants de Baudinard qui sont partis de chez eux vers 10 h,
trompette et drapeau rouge en tête. Durant cette attente, les Artignoscais
interceptent un Baudinardais
[74]
qui se rend seul à Aups
« se renseigner sur les événements », et
lui demandent d’attendre la colonne de son village. Le rassemblement des deux
colonnes opéré, on se dirige vers Moissac et, « à quelques minutes »
de ce village, on fait une pause, le temps d’y envoyer un petit détachement
en avant-garde. En attendant son retour, les Républicains de Baudinard veulent
procéder à quelques réceptions à la société secrète. Le vice-président[75]
de la société fait former « à droite de l’aire » un carré
au milieu duquel s’agenouillent une quinzaine de Baudinardais
qu’il appelle nommément et qui n’étaient pas encore
baptisés. Un d’entre eux proteste (celui que les Artignoscais avaient
intercepté). Louis Pellegrin d’Artignosc menace de le fusiller. Le carré se
rompt et les réceptions se font à part, individuellement, menées par André
Guichard, Pellegrin, César Jean et Henri Martin. Un seul aurait refusé[76].
Cette
halte à proximité du village de Moissac
va également être le théâtre d’une autre dissension au
sein des Républicains baudinardais. Ils se trouvent en effet à proximité
d’une croix de mission. Isidore Guieu, adjoint et chef de section, proclame :
« Il faut qu’à notre retour cette potence saute ! » S’en
suit un vif débat entre les présents où un autre chef de section[77]
menace Guieu s’il continue à insulter la religion.
Ce
type d’incident a déjà eu lieu plusieurs fois dans la région avant ces événements,
comme à Artignosc où cela a amené la fermeture de la chambrée rouge. Une
autre altercation opposera le surlendemain, lundi 8, un chef de section[78]
au curé sur la place de Bauduen
. Ce sont de vieilles
connaissances qui se sont déjà confrontées lors du romérage de la St Barthélémy,
en août. Le lundi 8 décembre, au moment du second départ auquel tente de
s’opposer le curé, le même lancera : « Les curés en chaire ne
ressemblent qu’à des fous qui ne disent que des mensonges. »
Le
mercredi 10, Henri Martin et Jean-Baptiste Maouri, placés de garde sur la
route, insulteront le curé d’Artignosc.
A
la halte de Moissac
arrive un cafetier dracénois
nommé Jean David Alter. Il est certainement accompagné
d’un Aupsois
[79].
Ils doivent être à cheval. Ils étaient venus à Moissac, avec une partie de
la colonne de Bauduen
, pour pousser au départ
: « Il faut rejoindre une colonne de six mille Marseillais qui vont
manifester à Draguignan. »
Alter
envoie un Montagnard de Baudinard
[80],
qui jouera les estafettes durant 3 jours, porter des ordres à Montagnac
ou, « si Montagnac n’est pas levé », à
Riez
. Ces ordres portent que
Brignoles
et Barjols
sont pris par les résistants. L’estafette remettra ce
billet à un factionnaire, à l’entrée de Riez[81].
Alter s’étonne que les Artignoscais ne soient pas armés : il leur demande de
rentrer chez eux chercher des armes.
La
plupart rentrent donc à Artignosc sauf le tisserand sexagénaire Victor Dauphin
qui continue sur Aups, avant de gagner Montferrat
puis Draguignan
le 7, et Flayosc
, le 8. Il y est arrêté
avec 50 autres résistants qui cherchaient à rallier l’armée républicaine,
après un bref engagement où un soldat fût blessé avec le 50° de ligne
conduit par le préfet Pastoureau en marche sur Draguignan. Victor Dauphin était-il
allé à Draguignan prendre des ordres ? De la part d’Alter ? Est-ce lui qui
ramène ce petit groupe ? Etait-il allé espionner comme le jugera la commission
mixte ? Ou, tout simplement comme il l’a déclaré, était-il parti régler
quelques affaires ?
De
leur côté, Pellegrin et « quelques autres » d’Artignosc
et de Baudinard
(mais sans Moissac
, qui, sous la direction
d’Alter, se dirige sur Aups) se rendent à Régusse
, pousser au départ.
Des Artignoscais[82],
qui sont partis prendre des armes, les rejoindront.
On
connaît mal les événements de Régusse
, tant par la perte
d’une partie des dossiers de la répression (dont l’interrogatoire de H.F.
qui, semble-t-il, donnait de nombreux détails sur l’organisation de la société
secrète), que par le souci exclusif de la commission mixte d’établir la
responsabilité du maire, le notaire Célestin Gariel. On sait toutefois
qu’une farandole se déclenche, tambour en tête, à l’arrivée de la délégation.
Quarante à cinquante Régussois
repartiront avec elle.
Ils
partent alors, vers 18h, dans la nuit, tous ensemble, Artignosc, Régusse
, Baudinard
, Moissac
, pour Draguignan,
tambour battant, drapeau rouge en tête. A St Pierre près d’Aups
, à la croix St Honoré
(croisement de la route de Vérignon), ils sont attendus par des Aupsois
et la partie de la colonne de Bauduen
qui est restée là. Ils seraient 300 d’après le maire d’Aups
qui écrit immédiatement au préfet. Ils installent un bivouac autour de feux
et peuvent enfin se réchauffer : cette fin d’automne est glaciale.
Arrive
alors vers 21h, une estafette, le médecin de Bauduen
, Marc Gérard. C’est
lui que les Républicains de Bauduen avaient le matin même pressenti pour
remplacer le maire. Mais la majorité de la réunion qui s’était tenue à la
chambrée des rouges, celle « des bossus », avait refusé de changer
d’administration municipale. « Je ne puis dire que Mr Gérard fit
partie de la société secrète, mais il s’était montré bon Républicain. »
déclarera un leader de Bauduen.
Il
revient de Salernes
avec l’ordre[83]
de ne pas marcher sur Draguignan : « Le moment du départ n’est pas
encore arrivé ». Gérard avait quitté Bauduen
vers 14h pour prendre des instructions à Salernes et savoir
ce qui se passait à Draguignan. Il arrive au déclin du jour et se rend chez le
notaire Alexandre Gariel, le frère du maire de Régusse
, qui est en train de
souper. Celui-ci l’entraîne au Café[84]
où 400 personnes sont réunies. Les orateurs ont peine à se faire entendre. On
se retrouve alors en cercle plus restreint dans la boutique du coiffeur[85].
Il y a là, parmi le petit groupe, outre Gérard et Gariel, Alexandre Cotte, le
maire républicain, père du président Paul, et Ignace Renoux, le conseiller général.
Renoux revient de Draguignan où il est allé voir le Comité démocratique qui
s’est mis en place à la nouvelle du coup d’Etat. Il ne dispose que de 200
hommes armés et n’a pas trouvé de chef militaire. Ce Comité est assez
pessimiste quant à la réussite d’un soulèvement sans l’appui de la
garnison de Draguignan, trop travaillée par le parti de l’Ordre. Aussi,
Renoux a changé d’avis par rapport à la lettre qu’il avait faite parvenir
à Salernes la veille au soir. Il se range maintenant aux idées de Pastoret,
d’autant plus que dans la journée, un Salernois[86]
est revenu d’Avignon
avec les nouvelles de Paris, de Marseille
et du Vaucluse. Malgré l’opposition du pharmacien[87],
déterminé à agir, Renoux conseille donc à Gérard de dire aux gens de
Bauduen de rentrer chez eux jusqu’à nouvel ordre et d’en informer les
autres communes en demandant aux responsables aupsois
d’y envoyer des estafettes.
Revenons
au bivouac d’Aups
. Alter s’oppose énergiquement
à ce contre-ordre venu de Salernes
qu’il ne veut croire. Gérard engage sa tête. On demande
aux gens de Bauduen
si on peut lui faire confiance. Ils certifient sa bonne foi.
Isoard envoie tout de même deux estafettes[88]
se renseigner à Salernes. Les présidents de Baudinard
et d’Artignosc interdisent aux marcheurs d’entrer dans la
ville. Tout le monde rentre chez soi, dont les Artignoscais.
Le
dimanche, d’après le maire, Monges, le « médecin rouge écarlate de
Baudinard
», vient à
Artignosc dire qu’il faut retourner à Aups le lendemain. A Baudinard, on dit
que c’est Pellegrin qui a envoyé un émissaire[89]
à la chambrée du Niveau, ce même dimanche soir, donner l’ordre de départ
pour le lundi matin.
Le
réseau républicain, dont les sociétés secrètes sont l’épine dorsale,
fonctionne à plein en ces journées mouvementées. Outre les contacts Artignosc/Baudinard
, deux envoyés de
Bauduen
se rendent aux Salles
et on continue à s’envoyer des billets d’un village à
l’autre (Baudinard vers Moissac
). Un Artignoscais se
rend à Bauduen, à l’auberge de la veuve Audibert. Il apporte l’ordre de départ,
« car la Constitution a été violée ». Le matin même, deux
Aupsois
étaient déjà venus remplir la même mission. Vers 15h,
c’est un maçon de Salernes
[90]
qui vient relancer. A 18h, l’estafette artignoscaise n’est autre que
Pellegrin le maréchal. Dans cette auberge de la veuve Audibert, dont le fils
Joseph est chef de section et grand initiateur, il rencontre le président des
Salles
[91]
venu aux nouvelles. Pellegrin veut lui faire signer un papier par lequel il le
nommait commandant. Ce qu’il refuse. Ce Pellegrin est-il Antoine, le président,
ou bien Louis ? Est-ce le dimanche ou le lundi ? Peu importe. Le plus
remarquable est que, dès le signal donné, les Républicains initiés impulsent
le mouvement dans leur propre village, mais aussi dans les villages voisins, dépassant
ainsi le strict cadre de l’action locale contre le gros propriétaire, contre
le maire ou le curé, ou pour les droits de la communauté, en faisant appel à
une réaction politique moderne, transformant ces ruraux en acteurs
politiques nationaux.
Contrairement
aux allégations de la presse conservatrice et de la propagande bonapartiste
dans les semaines qui suivront le soulèvement, il n’y eut aucune exaction
durant ces 5 journées dans la région d’Artignosc. Hormis quelques menaces
qui restèrent en l’air, comme celles échangées à Montmeyan
entre la chambrée des rouges et celle des Aînés, on peut
seulement signaler la démarche, toujours à Montmeyan, de trois condamnés[92]
de l’émeute de 1848 qui se font rembourser chacun l’amende de 300 francs
par l’aubergiste[93],
représentant du propriétaire Layet , cible de 1848.
On
met à profit cette journée de répit du dimanche 7 pour chercher des armes
(Joseph Vachier va voir les fermiers de l’Avelanède et des Rangs et se voit
opposer un refus; Jean-Baptiste Bagarry dit Chevalier va chez Sébastien
Constans lui demander son fusil, il l’obtient) et pour recruter dans les campagnes
ceux qui n’étaient pas venus au village.
Nous
sommes loin des ventes de la Charbonnerie où il fallait posséder un
fusil et 25 cartouches pour être admis dans le secret. Nous sommes loin du
complot préparé de longue date par les sociétés secrètes que dénoncera la
répression bonapartiste. Le réseau républicain qui a diffusé un cérémonial,
un serment, des mots d’ordre, un type d’organigramme, n’avait visiblement
transmis aucune consigne d’ordre militaire, ni sur les objectifs ni sur les
moyens.
C’est ainsi que, dans la
plupart des villages, on part à la recherche de fusils. Les Aupsois
dévalisent
une armurerie; un groupe de Salernois[94]
se rend à Sillans
prendre
les fusils de la mairie; à Régusse
, le
sergent de ville et vice-président[95]
publie la réquisition des armes, « au nom du Peuple souverain et de la
Commune »; à Baudinard
,
comme à Artignosc, on va chercher des armes dans les bastides, y compris chez
le garde particulier du duc de Sabran; à Montmeyan
, on
distribue des balles et de la poudre à qui a un fusil, en promettant à ceux
qui en sont dépourvus qu’on leur en procurerait un à l’arrivée à
Salernes
. Il
n’y a qu’à Bauduen
que
l’on a fabriqué préventivement des balles dans la boutique du maréchal[96]
au cours des derniers jours de novembre, alors que l’on sentait l’heure de
la résistance approcher.
Le
soir, vers 23h, une estafette[97]
envoyée à Lorgues ramène à Aups
l’ordre de Duteil de prendre les armes et de rejoindre
Salernes
. Quelques instants plus
tard, Gibelin revient de Salernes avec César Jean, qui s’y était rendu le
jour même à 15h avec le char à banc. Ils annoncent que Duteil est arrivé à
Salernes et que l’ordre est de se retrouver à Aups. S’engage alors une vive
discussion où s’opposent « artistes » (les artisans, où
l’on trouve les chefs) et cultivateurs. Les premiers disent avoir fait preuve
de modération, alors que ce sont les cultivateurs qui auraient été les plus
enthousiastes pour partir, décision qui sera finalement prise. Trouvant les
Aupsois
trop hésitants ou timorés, César Jean[98]
les menace : « Je sais que les gens d’Aups se font tirer la manche
pour partir. Je vais faire venir mes hommes avec ceux des communes voisines et,
en arrivant, je fais feu sur la ville. » On envoie un nouveau courrier
à Bauduen
. A Aiguines
, l’ordre parvient des
Salles
le 8. La colonne partira dans la nuit du 9 au 10.
Une heure après avoir changé la municipalité
dans la matinée du lundi 8, et pour la deuxième fois, les Artignoscais partent
à 50 ou 60 pour Aups. Ils sont donc aussi nombreux que le samedi. Ce ne sera
pas le cas à Bauduen
où
la modération du docteur Gérard et, peut-être aussi, l’intervention du curé
font qu’ils ne sont plus que 18 à partir contre 44 l’avant-veille. Les
interventions des Aupsois
, du
maçon de Salernes
et
de Pellegrin d’Artignosc n’ont pas eu de succès. Le maire explique que
c’est la nouvelle du rétablissement du suffrage universel qui a convaincu le
plus grand nombre de s’abstenir. Mais parmi les 18 figurent tous les cadres de
la société.
César
Jean est resté à Artignosc. Il assure ainsi, au plus haut niveau du parti républicain,
la permanence au village. Il rejoindra Aups le mardi vers midi. Henri Martin et
Jean-Baptiste Maouri assurent la surveillance du village et de la chambrée.
Au
passage, la colonne recrute dans les campagnes (Esprit Jean) et intercepte le
courrier.
Ils
arrivent à Aups
à 16 heures. Certains Artignoscais s’y trouvaient peut-être
déjà. D’autres, comme Jean-Baptiste Sappe dit Lion d’Or, les rejoindront
le lendemain. Ce lundi est jour de foire. La ville est pleine de personnes
venues faire leurs provisions ou vendre leurs pommes de terre, leurs brebis ou
leurs pourceaux.
Les
premières colonnes de résistants sont arrivées vers 14h de Baudinard
, Moissac
, Régusse
, Les Arcs
et Entrecasteaux
. On s’empare de la
mairie et on met en place une commission municipale.
On
s’achète des cravates rouges. On organise le logement chez l’habitant en
distribuant des lettres de réquisition. Un Aupsois
[99]
a ainsi 16 personnes à loger. Les besoins sont si grands que le soir du mardi
les Régussois
sont priés de rentrer coucher chez eux. Ils emmènent avec
eux la colonne de Montmeyan
, qui avait rejoint Aups
via Salernes
, afin de l’abriter
pour la nuit. Le maire Célestin Gariel fait des billets de logement et envoie
le garde-champêtre réquisitionner des vivres.
A
Artignosc, on organise une garde à la porte de la chambrée : Maouri y est
placé les 9 et 10 sur ordre de César Jean. Henri Martin est de garde dans la
journée du 10 sur la route avec Maouri, pour attendre le courrier, qu’ils
devaient faire parvenir aux résistants si besoin. A Baudinard
, entre le 6 et le 10,
le courrier de Riez
à Aups
est arrêté tous les jours à l’aller et au retour.
A
Aups
, le mardi 9, la
mobilisation de tous les hommes valides de 18 à 50 ans est proclamée[100].
Vers 14h les résistants se mettent en marche vers Salernes
. Mais ils font
demi-tour après 500m en rencontrant la grande colonne qui en vient. Pierre
Arambide[101]
et 8 à 900 hommes, dont les Barjolais
, l’avaient quittée
pour se diriger sur Tourtour
. Duteil et l’Etat
major républicain arrivent à 18h. Alter et Monges, trésorier, font partie de
cet État major. Les prisonniers pris en otage sur la route de la grande
colonne, à Lorgues, sont logés à l’hôtel Crouzet (Grand Hôtel actuel).
Paul
Cotte de Salernes
est envoyé avec 500 hommes occuper le pont du Verdon à
Aiguines
afin de préparer le passage de l’armée républicaine sur
l’autre rive.
Il
y aura 6000 résistants à Aups
le mercredi. D’après le maire d’Aups, ils étaient 2000
le 8 à Salernes
. La garde de la ville
est surtout confiée à des Aupsois
, membres de la société
secrète mais pas très rouges. On réquisitionne chez les commerçants et
artisans des vivres et du matériel en échange de billets de réquisition. Une
salle de l’hospice est transformée en atelier de confection par un tailleur
de Draguignan
: 25 jeunes filles
aupsoises
y fabriquent des blouses pour l’uniforme des résistants.
Les
chefs de village[102]
sont réunis le mercredi matin. On propose de lever des impôts forcés dans les
communes voisines. Pellegrin affirme être le seul à s’y être opposé.
« Si les communes sont pauvres, dit Monges qui préside la
commission, nous trouverons partout des habitants riches pour payer : Sabran
à Baudinard
pour 10000 francs, Gassier à Bauduen
pour 10000 francs, Blacas à Vérignon
pour 20000 francs, Roubaud et Layet à Aups
... » Ces réquisitions ne pourront pas être
prises : la troupe arrivent avant que la réunion ne se termine.
Certains
Artignoscais étaient déjà partis le matin : Esprit Jean, Lazare Autran, Jean
Jean.
Les
combats font plus de 50 morts parmi les résistants, un seul parmi la troupe et
un prisonnier. Tout est fini à midi. Les Artignoscais disent ne pas s’être
battus. Charles Autran est soupçonné, sans preuve, d’avoir fait feu sur la
troupe. Ils fuient lorsque arrive l’armée et la plupart refuse de marcher
vers les Basses-Alpes avec la colonne républicaine conduite par Duteil. Ils
rentrent à Artignosc, par les bois, comme Firmin Sappe, Léon Jouvenel et Louis
Pellegrin.
Toutefois,
quelques uns (Jean-Antoine Fabre, Charles Autran) suivent Duteil. Duteil gagne
Baudinard
avec 150 hommes. Il y retrouve une partie[103]
du contingent salernois qui n’est jamais arrivée jusqu’au pont d’Aiguines
. Alors qu’ils ne sont
partis que depuis une heure, les Salernois, arrivés au quartier des Gipières,
sur les hauteurs d’Aups
, entendent la fusillade
qui se déroule en ville. Comme dans la colonne d’Arambide postée à Tourtour
, c’est la débandade
: ils fuient par la crête des montagnes, abandonnant leurs fusils dans les bois
ou les champs. On raconte encore aujourd’hui à Baudinard que les Républicains
fuyant Aups auraient caché leurs armes, dans le puits des Quatre Coins, une
grotte sur la crête du Clapier.
La
plupart des Salernois refusent de suivre Duteil et couchent à Baudinard
. Duteil et sa colonne,
avec les deux Artignoscais, reprend sa route, qui le conduira au Piémont par
Riez
, Estoublon
et Entrevaux
. Mais Jean-Antoine
Fabre et Charles Autran le quittent à Montagnac
pour rejoindre Artignosc.
César
Jean et Constans Mourron ont été pris par la troupe dans les rues d’Aups
. Vingt-quatre autres résistants
artignoscais ne seront arrêtés que le 23 janvier et le 3 février. Artignosc
est si loin... Aucun n’avait pris la fuite.
Instrument
de liaison entre les Républicains du rebord sud-ouest des grands plans de
Provence, les sociétés secrètes de la Nouvelle Montagne n’avaient fait
aucun préparatif de caractère insurrectionnel. Elles étaient toutefois prêtes
à appliquer les consignes venues des gros bourgs : prise de la mairie, marche
sur Draguignan. Elles ne se substituèrent pas aux pouvoirs locaux en place, se
contentant, là où la nécessité s’en faisait sentir, d’en exclure ceux
qui étaient favorables au coup d’Etat, les remplaçant par des Républicains
affirmés. Lorsqu’elles étaient structurées depuis plusieurs mois, comme
celle d’Artignosc, elles furent le cadre naturel de l’organisation de la résistance.
Mais
ce cadre naturel n’avait d’envergure que communale. En l’absence
d’organisation coordonnatrice ou hiérarchique préexistante à la résistance,
elles durent céder le pas à un mouvement plus militaire quoique
largement improvisé. Les différences de niveau et d’ancienneté
d’organisation entre les sociétés et l’absence de chefs reconnus au delà
de la commune nuirent fortement à la cohésion de l’improvisation. Ce qui fut
certainement moins pesant pour leurs voisins et parrains des Basses-Alpes où
chaque Républicain reconnaissait la direction de Manosque
ou de Digne
.
A
ce handicap, il convient, comme le souligne Philippe Vigier[104],
et cette fois-ci sur les deux rives du Verdon, d’ajouter la tiédeur de
l’engagement des notables républicains. Marc Gérard, médecin de Bauduen
, Célestin Gariel,
notaire de Régusse
, Antoine Bourjac, maire
de Baudinard
, Prosper Allemand, médecin
de Riez
, Ignace Renoux,
conseiller général de Salernes
, hésitèrent et/ou
reculèrent devant l’épreuve de force. De ces notables rouges, il n’y a
qu’Allemand dont nous soyons sûrs de l’affiliation.
[1] D’après Ted MARGADANT, presque 100 000
hommes, de 900 communes, ont participé à la résistance. (op. cité)
[2] d’après LETRAIT
Jean-Jacques, « L’Insurrection dans le Var en 1851 », in Bulletin de la Société d’Études
de Draguignan, nouvelle série t.XII, 1967
[3] La province en décembre 1851,
Paris, 1876
[4] Associations et sociétés secrètes
sous la Seconde République, Paris, Pedone, 1905
[5] La Seconde République et le Second
Empire, tome 6 de l’Histoire de France d’Ernest Lavisse, Paris, 1921
[6] dans de multiples travaux, dont
l’essentiel La République au village, Paris, 1970.
[7] La Seconde République dans la Région
Alpine, PUF, 1963.
[8] Archaïsme et modernité en Limousin au
XIX° siècle, Paris, 1975
[9] Le mouvement républicain en
Bas-Languedoc, Paris, 1982
[10] Sur ce débat, voir l’article de Raymond HUARD, « Une structure politique ambiguë : les sociétés secrètes quarante-huitardes dans le Midi de la France », in Histoire et Clandestinité, du Moyen-Age à la Première Guerre mondiale, actes du colloque de Privas, mai 1977, Revue du Vivarais, Albi, 1979, pages 353-369
[11] AGULHON Maurice, 1848 ou
l’apprentissage de la République, Paris, 1992, page 193
[12] canton de Tavernes, 425 habitants en 1851
[13] AGULHON Maurice, 1848 ou
l’apprentissage de la République, Paris, 1992, page 194
[14] d’après la déposition du curé de
Baudinard
, Joseph Gariel, il s’agit de Benjamin
Patrice et de Joseph Autran qui viennent avec des instructions écrites de
Laurent Simon, président de la société secrète.
[15] ouvriers bouchonniers et d’autres démocrates
arrêtés le 22 octobre 1851 pour avoir reconstitué leur « association
industrielle » et qui ont été condamnés le 29 novembre 1851
(voir AGULHON Maurice, La République au Village, Seuil, 1979)
[16] Henri Martin
[17] déposition du président de la société
secrète de Riez
, certainement Marcelin Martiny.
[18] Les républicains de Rians
attendaient,
quant à eux, un signal des Aixois. Ils montèrent à la tour de l’Horloge
pour guetter un grand feu qui, du sommet de la montagne Sainte-Victoire,
devait donner le signal du départ. Ce signal ne vint pas et les émissaires
de la Verdière
et
d’Esparron
ne
réussirent pas à les convaincre de se mettre en marche.
[19] Jean-Baptiste Isoard, Marcelin Gibelin,
dit le Manchot, et Emmanuel Tassy.
[20] A son sujet lire : CONSTANT Emilien, « De
la Seconde à la Troisième République, le parcours d’un Varois :
Paul Cotte, rebelle et politique », in Provence 1851, Une insurrection
pour la République, Les Mées, 2000, pages 122-161
[21] les
Emancipés (dans la maison Castillon).
[22] Louis Rabel et Sixte Besson, dit le Pape
[23] Henri Bagarry
[24] André Guichard, vice-président
[25] que François Reboul porte en estafette à
Joseph Guichard, chef de section
[26] au président Paulin Guichard
[27] c’est également le 4 décembre que
l’on apprit la nouvelle à Barjols
et
à Tourtour
.
[28] Article 68 : « Toute mesure
par laquelle le Président de la République dissout l’Assemblée
Nationale, la proroge ou met obstacle à l’exercice de son mandat, est un
crime de haute trahison. Par ce seul fait le Président est déchu de ses
fonctions ; les citoyens sont tenus de lui refuser obéissance. »
L’article
110 : « L’Assemblée Nationale confie le dépôt de la présente
Constitution et des droits qu’elle consacre, à la garde et au patriotisme
de tous les Français. »
[29] AGULHON Maurice, 1848 ou
l’apprentissage de la République, Paris, 1992
[30] dont Camille Ledeau qui mourra en Algérie.
[31] la
maison de Lazare Meissel
[32] rapport du maire
[33] Gervais Jaubert et de Nicolas Firmin, chef
de section
[34] Cette forme de protestation a perduré :
le 14 juillet 1943, des jeunes gens d’Aiguines
dont
on tente d’interrompre le bal, entament une farandole narguant le maire très
pétainiste. (GUILLON Jean-Marie, « Villages
varois entre deux Républiques »,
in La France démocratique, mélanges offerts à Maurice Agulhon,
Publications de la Sorbonne, 1998)
[35] AGULHON Maurice, 1848 ou
l’apprentissage de la République, Paris, 1992, page 200
[36] Benoît Sigaud
[37] Henri Bagarry
[38] Il s’y trouve également Auguste Isnard,
fondateur de la société des Salles
.
[39] Alphonse Pellore
[40] Jean-Baptiste Basset
[41] Hyacinthe Martin
[42] de Pierre Auric
[43] Laurent Simon
[44] par Pierre Manen
[45] Mais le lendemain, lors du départ de la
« colonne des jeunes », le drapeau sera bien rouge.
[46] par Joseph Long
[47] Melchior Avon
[48] Jean-Baptiste Avon
[49] Victor Féraud
[50] Henri Bagarry
[51] Gabriel Denans
[52] Pierre Sicard
[53] Louis Trotobas
[54] Achard
[55] La même rumeur a circulé à Albiosc
d’ou
Rabassier est originaire (ADAHP, 2 Mi 1/24, fiche de Pierre Hyppolite
Garcin, marchand de truffes à Albiosc)
[56] André Guichard
[57] exactement 107 voix sur 112.
[58] André Guichard
[59] Joseph Gariel
[60] Le mouvement républicain en
Bas-Languedoc, 1848-1881, FNSP, 1982, page 64
[61] déposition de Joseph Gérard cadet.
[62] Isidore Guieu
[63] déposition de Joseph Gariel, curé de
Baudinard
.
[64] déposition de Pierre Denans, dit du St
Esprit.
[65] MAQUAN H., L’insurrection de 1851
dans le Var, 1853. Au sujet de cette légende, et, plus généralement
des femmes dans la résistance de 1851, voir l’article de MERLE René, « L’insurrection varoise de 1851 :
documents », in Bulletin de l’association
1851-2001, n°2, juillet 1998, pages 5-10
[66] voir plus haut « les recruteurs
et initiateurs »
[67] tel CORBIN Alain, op. cité, page 837. La même remarque a été faite
à propos de Charles Seignobos par Maurice AGULHON in « La
Résistance au coup d’Etat en province. Esquisse d’historiographie », Revue d’Histoire moderne et
contemporaine, janvier-mars 1974, note 22 page 23 ;
page 443 de La République au village ; ainsi que page 214 de 1848 ou
l’apprentissage de la République.
[68] Jean-Baptiste Basset
[69] commandée par Gervais Jaubert, 45 ans.
[70] mandement du 31 décembre 1851, cité par
Philippe VIGIER, in La Seconde République, « Que sais-je ? »,
PUF, 1975, page 117
[71] César Guieu
[72] Louis Guieu
[73] Laurent Simon
[74] Romain Gailleur
[75] André Guichard
[76] Basile Audibert
[77] Joseph Pons
[78] Ambroise Lambert
[79] Fabre, machiniste
[80] Étienne Ameilh
[81] Riez
a
de son coté envoyé des estafettes aux insurgés du Var pour les prévenir
de l’approche des troupes (ADAHP, 2 Mi 1/24, fiche de Théophile Cotte,
maréchal à Puimoisson
)
[82] dont Jean-Pierre Bourges et Séraphin
Sappe
[83] d’Alexandre Gariel, Ignace Renoux et
Paul Cotte
[84] celui de Jean-Baptiste Pascal (un chef de
section)
[85] Honoré Dauphin, un autre chef de section
[86] le marchand d’huile Jean-Joseph Féraud
[87] Pierre Esclapon
[88] Victor Maurel, fabricant de vermicelles,
et François Jassaud
[89] Henri Martin
[90] Marius Latil
[91] Paulin Guichard
[92] Saturnin Brocard, Félix Fabre et Frédéric
Saint Martin
[93] Henri Dol, né le 4 avril 1804, lui même
gros propriétaire, ancien électeur censitaire départemental, futur maire
conservateur du Second Empire.
[94] conduits par Gariel
[95] Grégoire Maunier
[96] François Bagarre
[97] Jean-Louis Arnaud dit Besson
[98] que, visiblement, bien qu’il soit
vice-président de la société d’Artignosc et grand initiateur, les
Aupsois
ne
connaissent pas : ils le nomment tous « Constans tailleur
d’Artignosc ». Pour eux, tous les Artignoscais s’appellent
Constans.
[99] Paul Isnard
[100] Joseph Icard, menuisier de Baudinard
, est dispensé de service au vu de ses 58
ans.
[101] Ancien ouvrier révoqué de l’Arsenal de
Toulon
, il travaillait
pour le journal démocrate-socialiste de Toulon, Le Démocrate du Var, pour
lequel il parcourait le département à la recherche d’abonnés.
[102] Laurent Simon représente Baudinard
.
[103] commandée par Jean-Baptiste Pascal
[104] La seconde République, Que sais-je
? n°295, 1975, page 116, ou encore Alain CORBIN dans Archaïsme et
Modernité en Limousin au XIX° siècle, PULIM, 1999, page 798
carte de la région d'Artignosc plan de la commune
|
Association 1851 pour la mémoire des résistances républicaines |