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Documents Déposition d'André Pic, résistant aupsois transcrite par Nadia Lakhréssi, Anne-Sophie Vurchio et Elodie Simoens, élèves de 5°3 du Collège Henri Nans à Aups (année 2000/2001) Information
n° 10 Justice
de paix du canton de Aups déposition de Pic André ouvrier tanneur à Aups
membre de la société secrète. L’an
mil huit cent cinquante deux et le deux janvier. Nous,
Jean–François Antoine Gérard, Juge de paix du canton d’Aups,
arrondissement de Draguignan, Var, assisté de
greffier. Procédant,
en cas de flagrant délit, par suite de notre procès–verbal de ce jour. Nous
avons fait comparaître devant nous, le témoin ci–après nommé, à nous
indiqué comme pouvant nous donner des renseignements sur l’organisation des
sociétés secrètes et de l’insurrection ; il nous fait sa déclaration
ainsi qu’il suit : Je
me nomme Pic André, ouvrier tanneur d’Aups, âgé de 32 ans, membre de la
société secrète. Je
fais partie de la société secrète. J’ai été reçu dans le courant du mois
de septembre à la campagne de la Charmante par les sieurs Louis Boyer Capelan,
Jourdan, Fabre machiniste et André Fabre cultivateur. On a rempli à mon égard
les formalités d'usage, on m'a mis un pistolet sur la tête et on me l’a fait
toucher en me disant : « Si quelqu’un trahissait le secret, le
tueriez-vous ? S’il fallait porter secours à vos frères au risque de
tuer quelqu’un le feriez-vous ? » Puis on prononça les mots
sacramentels du baptême. Le sieur Guieu jardinier était mon chef section, je
ne connais pas les autres. Je n’ai jamais reçu personne, j’ai assisté néanmoins
à quelques réceptions notamment à celle qui eut lieu au bastidon de Gérard
Cadet le 26 octobre dernier et à celle du 30 novembre dernier chez le sieur
Allemand cafetier. J’ai assisté à la réunion qui a eu lieu dans la maison
Castellan dans la nuit du 7 au 8 décembre dernier et dans laquelle on agita la
question de savoir si on prendrait les armes pour partir. J’étais présent
quand le sieur Arnaud Besson que l’on avait envoyé en estafette à Lorgues
arriva et dit qu’il avait vu le général, qu‘ils étaient trois milles
hommes qui marchaient sur Salernes et qu’il avait l’ordre de nous tenir prêts
pour partir. Un moment après entrèrent les sieurs Marcelin Gibelin, Arnaud
cordonnier et César Jean tailleur d’Artignosc qui s’étaient rendus à
Salernes pour prendre des instructions. Je suis en doute si le sieur Arnaud y était.
Ils dirent que la colonne des insurgés était arrivée à Salernes, qu’il
n’y avait plus à hésiter et qu’il fallait se préparer au départ. Le
sieur Fabre était un des plus ardents, menaçant de traîner mort ou vif ceux
qui se refuseraient au départ. Le sieur César Jean d’Artignosc dit :
« Je vois que les gens d’Aups se font tirer la manche pour partir. Je
vais faire venir mes hommes avec ceux des communes voisines et en arrivant je
fais feu sur la ville. » Pendant l’occupation des insurgés, je me suis
borné à monter la garde. (Le dit Constans d’Artignosc s’appelle César
Jean et non Constans. Il est tailleur à Artignosc.) Lecture
faite au témoin de sa déposition, il y a persisté et a déclaré ne savoir
signer.
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