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bulletin numéro 1, novembre 1997 24
février 1848
: la résurrection de la République par
Raymond Huard Avec la révolution
de février 1848 à Paris, la République réapparaît en France, un régime né
en 1792 en pleine guerre contre l’étranger et qui avait duré, non sans
modifications, jusqu’en 1804. En 1848, la France est en paix, mais à partir
de 1846, elle a été affectée, comme d’autres pays européens par une crise
économique qui a engendré la disette et le ralentissement des activités, un
malaise général. Une fois de plus,
c’est le peuple ouvrier insurgé de Paris qui a renversé le roi
Louis-Philippe, monarque vieilli, hostile a une réforme même modérée du régime
installé en 1830, et qui a imposé la République. Les ouvriers de Paris
veulent aussi donner au nouveau régime un contenu social. Ils obtiennent la création
d’ateliers nationaux pour lutter contre le chômage. Les notables et les
paysans des provinces acceptent la République sans protester. Ils entendent
bien pourtant ne pas subir la loi de Paris. Le suffrage
universel masculin, institué dès le 2 mars 1848 est la principale conquête de
la révolution, mais contrairement à ce qu’espéraient les ouvriers de Paris,
il permet, lors des élections à l’Assemblée constituante, le 23 avril 1848,
la victoire d’une majorité modérée. Les conquêtes des ouvriers parisiens
sont bientôt remises en cause. La défaite de la grande insurrection ouvrière
de juin contre la menace de suppression des ateliers nationaux met fin aux
espoirs de République sociale. Sans doute une constitution républicaine est
promulguée le 4 novembre ; elle proclame les grands principes républicains,
mais le régime s’engage de plus en plus sur la voie de la réaction. La première
élection présidentielle au suffrage universel, le 10 décembre 1848, permet,
grâce au vote massif des paysans, la victoire de Louis-Napoléon Bonaparte,
neveu de Napoléon 1er. Celui-ci est bien décidé à conserver à
tout prix le pouvoir. La République est donc bientôt menacée aussi bien par
les ambitions napoléoniennes que par la droite parlementaire, renforcée aux élections
législatives de mai 1849. Cependant, bien
qu’elle soit minoritaire, l’aile gauche des républicains qu’on appelle
aussi la Montagne ou les démocrates-socialistes dispose à l’Assemblée
d’un groupe d’environ 180 députés. Elle s’appuie dans le pays sur de
nombreux groupements légaux ou clandestins. Elle a consolidé ses positions,
surtout dans l’est et le sud-est de la France, auprès des paysans pauvres, de
la petite bourgeoisie et des travailleurs urbains. C’est donc dans ce
contexte qu’éclate en 1851 le conflit entre le président et l’Assemblée
qui sera à l’origine de la chute de la Deuxième République. Raymond
HUARD |
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Association 1851 pour la mémoire des Résistances républicaines
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