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Émilien Constant En publiant la thèse d’Émilien Constant, Le
Département du Var sous le Second Empire et au début de la Troisième République, (Université de Provence, Aix-en-Provence, 1977), l’Association 1851 pour la mémoire des résistances républicaines
met enfin à la disposition des Varois et des Provençaux un texte majeur, et
jusqu’à maintenant malheureusement peu accessible. En même temps, elle rend
hommage à une figure éminente de l’historiographie méridionale, à un homme
chaleureux, dévoué, et infiniment modeste. Jusqu’à sa retraite, Émilien Constant a été professeur d’Histoire-Géographie
dans l’enseignement secondaire à Six-Fours, près de Toulon, avec tout ce que
cela représente de travail et de passion. Mais en même temps, il a longuement préparé, et soutenu en 1977,
sa thèse de doctorat d’état, qui comble magistralement le vide chronologique
entre les travaux de Maurice Agulhon et d’Yves Rinaudo. Originaire de Salernes, localité industrieuse à la vivace
tradition républicaine avancée, Émilien Constant a été sensible dès sa
jeunesse aux réalités humaines de ce « Var rouge ». Il lui restait
à les analyser, à les confronter aux données d’archives, à les situer dans
leur histoire complexe. Ce fut chose faite avec sa thèse. On ne soulignera jamais assez la qualité du travail archivistique
et la finesse, souvent novatrice, des analyses d’Émilien Constant, tout
particulièrement celles qui portent sur l’importance majeure du cadre
communal dans la vie politique varoise, et plus largement provençale. Après 1977, Émilien Constant a continué à travailler sur
l’histoire de son département, à affiner ses analyses, à les confronter aux
données nationales. On se reportera notamment à sa participation à l’Histoire de Toulon, Toulouse, Privat, 1980, à
sa collaboration à l’Encyclopédia
Universalis, et à sa stimulante intervention sur le Fédéralisme (« Fédéralisme ou décentralisation ?
La quête des libertés locales vues d’un département méridional, le Var,
1869-1871 », Actes du colloque les Fédéralismes,
réalités et représentations 1789-1874, Marseille 1993, Publications
Université de Provence 1995), intervention qui apporte de très utiles précisions
et réflexions sur le thème, souvent ignoré ou mythifié, des spécificités
provençales dans l’histoire nationale (La fameuse Ligue du Midi lors de la
guerre de 1870-1871, par exemple). Émilien Constant aborde encore ce même
thème à propos de l’insurrection varoise de 1851. Il donne par exemple une
importante communication au colloque organisé par le Conseil Général du Var, Le
Var en Républiques, 1851-2001 (1er février 2002) :
« L’insurrection varoise, entre Nord et Midi » (les Actes de ce
colloque n’ont malheureusement pas été publiés). On ne s’étonnera pas qu’en 1997 (année
où il est reçu à l’Académie du Var), Émilien Constant ait rejoint avec
enthousiasme, dès sa naissance, l’Association 1851 qui prépare le 150e
anniversaire de l’insurrection républicaine de décembre. Il lui donnera
notamment un texte majeur sur son compatriote salernois Paul Cotte, « De
la Seconde à la Troisième République le parcours d’un Varois : Paul
Cotte, rebelle et politique », Provence 1851 : une insurrection pour la République, Actes des journées de 1997 à Château-Arnoux et de
1998 à Toulon, Association pour le 150e
anniversaire de la résistance au coup d’État du 2 décembre 1851, Les Mées,
2000. Texte qui incite à
une réflexion profonde, et toujours actuelle, sur le rapport entre l’idéal révolutionnaire
et les nécessités du réalisme réformiste. René Merle, décembre 2009 |
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Association 1851 pour la mémoire des résistances républicaines |