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Chanson La
légende de Martin Bidouré ou
celui qui est mort deux fois Quand
il traverse la Rouguière avec
son ventre bedonnant de
barjolais, il n'y en a guère pour
l'appeler « mon gros Fernand » Dans
le canton dégun ne daigne se
rappeler son nom Martin mais
la rondeur de sa bedaine sas !
tout le monde la retient. Si
son prénom n'est pas de mise et
que son nom est écarté c'est
que las plis de sa chemise déclinent
son identité Bidoun,
Bidouné, Bidouré, Fernand
Martin dit Bidouré C'est
pas la panse d'un notaire faudrait
pas se foutre dedans il
est un homme de la terre robuste
comme un cabestan. Un
jour pour le bœuf des Tripettes la
masse avait le bois cassé Bidouré
terrassa la bête d'un
seul coup de poing bien placé. Pour
couper le paquet de carte il
a une tocade d'ex- -ception
en le tranchant en quatre entre
son pouce et son index. Va
pas tricher à la contrée Avec
Martin dit Bidouré. Bidouré
n'est pas une espèce de
mauvais cuir trop mal tanné il
n'a rien de la brute épaisse sous
son visage efféminé. À
côté de ses yeux de bronze le
Verdon est d'un ton pisseux les
angelots tirent la tronche près
de son rire malicieux. Ses
cheveux longs tout en frisettes feront
mourir de jalousie Manon,
Lulu et puis Lisette de
la maison de courtoisie. De
sûr il est le préféré sacré
Martin dit Bidouré. Dans
les baletis quand il chante du
Pierre Jean de Béranger on
peut pas dir' qu'il est le chantre des
locataires du clergé. À
ses copains il fait lecture des
manigances de Paris il
aime les caricatures de
Daumier dans Charivari. L'est
pas entré en politique elle
est plutôt venue à lui en
s'imposant comme une tique la
chaude pisse ou bien la pluie. Oui
c'est un homme libéré notre
Martin dit Bidouré. Bidouré
le peigneur de chanvre devient
un messager d'emprunt dans
la tourmente de décembre de
dix huit cent cinquante et un. De
Vérignon jusqu'à Sainte Anne il
galope pour joindre les Cercles
de la Jeune Montagne un
pli entre ses doigts gelés. Partout
les insurgés farouches (Dans
les hameaux le peuple bouge) se
déversent des tombereaux (pour
ne jamais accepter que) par
devant les Culottes Rouges (l'escadron
des Culottes rouges) suppôts
du préfet Pastoureau. (piétine
leurs chemins fangeux.) la
République est dévirée pauvre
Martin dit Bidouré. Ils
l'ont coursé dans une poche près
de la Baume de Tourtour pour
lui peindre sur sa caboche un
rond avec du rouge autour. Mais
la camarde est tatillonne un
bout d'essai ne suffit pour
engager le gentilhomme dans
la compagnie du trépas. Bidouré
rejouera la scène contre
un mur d'Aups, les poings liés en
fixant son public obscène trois
debout, trois agenouillé. « N'ai
proun ! » a lancé Bidouré lorsque
les feux l'ont éclairé. Texte :
Claude Béraudo (13 août 2001) mis en musique par Jean Marotta (en
italique et en gras, les éléments chantés par Art.9)
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Association 1851 pour la mémoire des résistances républicaines |